Haïkus d’exil
06 10 2009 | Publié dans Ecritures | 1 Commentaire

La pluie n’a pas fait cesser
La marche boueuse
D’eux du bas-côté
Ils sont malmenés
Leur file reflue sur la route
Et le lac aussi
Reflue sur la file
Des hommes qui marchent sur
La boue du côté
Celui qui marche devant
De quoi peut-il être
Assuré quand tout
Fond mêmes les corps
Et puis tous le suivent
Le regard sur ses talons
Juste derrière lui
Les yeux bas sur ses talons
Et leurs bouches pendent
Les yeux bas les yeux mauvais
Le dos menacé
Mais ignorant ça
Chacun prêt à pousser l’autre
Dans le lac où l’on
Voit flotter des corps
Ou en tous cas des fantômes
De corps au moins ça
Des souvenirs flottent
Qui finiront dans le lac
Épaisse la pluie
Sur leurs dos courbé
Comme les écrasants d’un
Poids pour eux de trop
Et le dernier lÃ
En bas de la file
Sait bien que la pluie
C’est ça qui les tuera tous
Depuis le temps qu’elle s’abat
Elle finira bien
Par effacer
Texte écrit pour l’atelier n°291 proposé par Pierre Ménard, sur Haïkus de prison de Lutz Bassmann, publié chez Verdier.







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