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Visage écrit, par Arnaud Maïsetti

04 12 2009 |  Publié dans Ecritures, Lectures

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Un jour sur l’autre écrit efface chaque jour l’effort qu’on fait pour tendre vers lui ; et quand on le recommence, c’est à plier contre lui qu’on s’acharne pour le faire tomber : et c’est nous qui tombons ; on tombe jusqu’au soir où on l’écrit, penché sur notre corps pour recueillir l’effacement qu’on fait durer, jusqu’au dernier mot qui commence le jour suivant. Soleils tombés l’un après l’autre et dont l’ombre portée dessine sur la page chaque lettre éclairée ; lettre qui apparaît le mieux quand elle est sur le point d’être rejetée dans l’ombre pour toujours.

Dans les grands bâtiments de verre, les lumières allument à chaque position du ciel une certitude d’arracher à la nuit une heure, deux peut-être. Quand je passe devant, que je lève les yeux, je compte les fenêtres et les confonds avec les étoiles. Me faudra-t-il les écrire, elles aussi, toutes, jusqu’à la dernière, pour épuiser le jour et m’en délivrer ?

Pour tendre vers lui, tout le corps arraché à la fatigue, et pourtant : le jour à l’écrire s’efface toujours plus sous le jour. Un regard croisé tout à l’heure me l’a dit : sur les lignes qu’on creuse chaque soir dans nos solitudes, il y a toujours une autre qui s’inscrit, en creux, sur le front. Du journal écrit du temps, il me reste moins que ces lignes, je le sais – oui, je sais qu’il ne s’agit pas du journal du temps écrit, seulement, pour en recenser les heures, organiser le dépôt : au contraire. Mais dans l’espace qui sépare chacune des lignes, chercher la vie qu’il me faudra pour en dessiner le visage entier.

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Vases Communicants
Pour les Vases communicants #6, Arnaud Maïsetti écrit en ce lieu, et j’ai trouvé lieu là, juste à temps pour une sorte de « réouverture »…

Sous l’incitation de Jérôme Denis (de Scriptopolis) et François Bon (de Tiers livre), le premier vendredi du mois est l’occasion de Vases communicants : idée d’écrire chez un blog ami, non pas pour lui, mais dans l’espace qui lui est propre ; vases communicants. Autre manière, comme l’écrit Scriptopolis, d’établir les liens qui ne soient pas seulement des directions pointant vers, mais de véritables textes émergeant depuis.

Pour trouver la liste des Vases Communicants du mois de décembre, le groupe Facebook, ou le hashtag twitter #vasecommunicants. Ou encore via ces vases, que j’ai particulièrement aimé, ce jour:

  • Rien su des brouillons recommencés. De ces pages de carnets. De ces passages des cahiers à l’écran
  • Poursuivre son chemin, comme si de rien n’était. Je suis à la recherche
  • Il y a ces accroches qui nous emmènent vers ailleurs, vers des lieux voisins, vers des villes voisines ; ou bien l’imagination voyageuse
  • Présentation du badge, traversée du grand hall, puis l’un des ascenseurs. L’attention qu’elle ne porte déjà plus à ce qui l’entoure lui offre une certaine liberté.
  • J’appelle Amérique la quête nomade qui nous prit d’ouest, et leur pauvreté en ces rives est mienne
  • je sais l’endroit. je sais les enfances qu’y marcotte robinson. mais pour rien, mais pour presque rien. avec ce cÅ“ur ce soir tellement jacques
  • Désormais c’est au tour de ma mère de marcher ainsi.
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