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2010

05 01 2010 |  Publié dans Ratures

Je vous souhaite.
Je vous souhaite, vous.
De meilleurs.
Une joyeuse.
Bonne, heureuse.
Euphorique.
Meilleurs.
Bons.
A vous.
Pleins de.
Que cette année vous.
Qu’enfin.
Que pour l’an.
Au moins et au-delà.
*
Je convoite une altruiste et comblée pige, à vous mes complices, mes fréquentations, cinquième de lustre indulgent garni de tempérament.
*
Cette année je résous, je calcule sans anticipe, participe sans passé et vois loin.
*
J’entérine toute l’année, dès maintenant, entière je la ratifie : qu’elle soit (et à la fin de l’année tous confirmerons, après moi : « elle fut ! »)
*
Ce caractère irréparable – à quelques corrections près, à quelque refonte complète près, et bien que considérant aussi à la possibilité de tout effacer à tout moment, sauvegardes comprises – de la publication blog, une fois le bouton « publier » enclenché : car les flux sont diffusés, la publication est signalée partout (à qui suit, en tous cas : au moins les robots).
Le risque.
La fréquence de publication.
Ce risque pris et l’expérience faite, et le langage approché.
Ce geste, cette tentative.
Au départ pour moi bloguer était un travail réfléchi, l’aboutissement d’un texte, c’était ce que je voulais, d’où ce titre étrange « journal écrit », qu’il serait peut-être temps de changer. Et dès le départ, pourtant, s’est écrit le cheminement de travaux qui ne se terminaient jamais. Aujourd’hui, je me doute bien qu’il n’y a pas d’aboutissement, pas de bout, rien que le cheminement, et cela me rassure quant à mon travail, quant à mon pourquoi. Je souffle de me voir autoritaire au passé, de voir que j’ai lâché la bride, que la liberté, tant que possible, je l’aide, un peu. Récemment, passant devant un panneau routier de ville indiquant « Médiathèque Alexandre Jardin », je me suis souvenu que j’avais aimé, à l’époque où je lisais en tout et pour tout cinq ou six auteurs, L’île des gauchers. Je commençais alors à m’ouvrir au monde, et puis les lectures se sont multipliées, et vérifiant ce goût je constate aujourd’hui qu’il est bien révolu, et comprends pourquoi ; expliquerai-je pourquoi ? Mais reste le panonceau, et l’inamovible médiathèque. En urbanisme on dit, pour le panonceau : « mobilier urbain ».
*
Que l’année déplace.
*
Je reviens sur ce chemin, tracé derrière soi, que je ne vois pas : j’avance dans une grande plaine d’herbes hautes, terre inconnue, et je vais et c’est seulement en me retournant que je vois la trace laissée (est-ce que je crois vraiment que je peux voir les herbes rabattues par mon passage ou alors ont-elles déjà repoussé ? sont-elles devenues galets à choisir, grains de sable à trier, tessons sur lesquels soudain je marche, je crois marcher, je) et en me retournant à nouveau : ce chemin : tout a changé et je ne reconnais plus rien de l’endroit où je m’étais préparé à poser le pied – s’il y a encore un endroit.
*
Que l’année renverse ?




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