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	<title>Journal Écrit &#187; Ratures</title>
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		<title>Ce mot de carnet</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 14:46:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comprendre à nouveau, à contretemps, l’importance de ce mot carnet, de cette écriture qui n’est que geste. Ecrire au stylobille noir dans des pages lignées, écrire le plus lentement possible une entièreté de mots suivie d’une autre, et ainsi de suite, simplement, mon buste penché sur le carnet posé sur une table, ma tête pesante [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/02/Issue_de_secours_Photo0228.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/02/Issue_de_secours_Photo0228.jpg" alt="" title="Issue_de_secours_Photo0228" width="432" height="324" class="alignnone size-full wp-image-966" /></a></p>
<p>Comprendre à nouveau, <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/">à contretemps</a>, l’importance de ce mot <em>carnet</em>, de cette écriture qui n’est que geste. Ecrire au stylobille noir dans des pages lignées, écrire le plus lentement possible une entièreté de mots suivie d’une autre, et ainsi de suite, simplement, mon buste penché sur le carnet posé sur une table, ma tête pesante au bout tombant au-dessus du tracé manuscrit. Le stylo déverse son encre, qui est curieusement aussitôt figée sur le papier, je ne m’y attends pas car en moi rien n’est sec, comment ces mots pourraient-ils être figés ? Pourtant ils le sont, sauf si je rature, ce qui apporte une eau nouvelle à la page et  ralentit encore ma pensée, ou ce que j’imagine être une pensée d’écriture là où il n’y a que le geste, saisissant cette pensée à l’encre sur papier, dans le calme ou la fureur ne pas changer ce rythme, prendre le temps d’extraire d’un fouillis de mots qui surnage surface de conscience, ne pas se sentir pris de vitesse par les mots qui s’encombrent dans la main, dans le stylo, dans l’encre ; ratures, fautes, lapsus, et jouer de ça aussi, au débord, jouer vite, jouer lent, jouer mélanger, pour ne plus jouer.</p>
<p>Le carnet peut être clavier. Quand, n’ayant pas mon carnet à portée de main, ou ne voulant pas l’utiliser, au travail par exemple, et qu’une idée surgit, je ne peux laisser passer la journée, ou la demi-journée, parfois même la minute, la connexion permanente me permet de l’écrire dans un brouillon de mail Yahoo, ou de m’envoyer un mail. Je crois avoir déjà écrit sur le clavier (quelque part dans ces archives pdf) ; est-ce pour cette raison que j’ai dû reprendre ce deuxième paragraphe trois ou quatre fois pour, à chaque version, en tirer de moins en moins ? Ou est-ce par ce que je l’écris au clavier et qu’il me faudrait y réfléchir au stylo ? Ou encore parce que cette façon est trop récente, ou au contraire trop intégrée à mon écriture ?</p>
<p>Comment ralentir l’écriture clavier ? Je ne peux ralentir la vitesse d’affichage des caractères. Il me faut taper syntagme par syntagme, ou mot à mot, peut-être syllabe par syllabe, observer ce qui alors se passe.</p>
<p>Je m’épuise à tenter de cerner ce que peut recouvrir le mystère de l’écriture, alors qu’écrire, en soi, est déjà suffisant pour s’épuiser à cerner ce qui s’échappe par ailleurs.</p>
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		<title>Crise, écrire</title>
		<link>http://www.joachimsene.fr/journalecrit/crise-ecrire/</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Jan 2010 14:35:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecritures]]></category>
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		<category><![CDATA[doute]]></category>
		<category><![CDATA[expérimentation]]></category>
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		<description><![CDATA[Sur la version fragments de mon site, j’ai déjà publié trois textes, écrits en moins de deux semaines, ce qui ne m’arrive jamais, d’aller si vite de l’écriture à la publication. Je commence à m’approprier cet espace, espère continuer à le faire, à avoir des retours de dessus, espère que techniquement il tient la route, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/les_mots_leslie_kaplan_publienet_couv.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/les_mots_leslie_kaplan_publienet_couv.jpg" alt="" title="les_mots_leslie_kaplan_publienet_couv" width="340" height="451" class="alignnone size-full wp-image-936" /></a></p>
<p>Sur la version <a href="http://www.joachimsene.fr/txt">fragments</a> de mon site, j’ai déjà publié trois textes, écrits en moins de deux semaines, ce qui ne m’arrive jamais, d’aller si vite de l’écriture à la publication. Je commence à m’approprier cet espace, espère continuer à le faire, à avoir des retours de dessus, espère que techniquement il tient la route, je crois qu’il est lent, mais la lecture est patiente je crois. <a href="http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?article88">Le texte sur le VRP</a>, je l’ai écrit tout de suite après avoir lu <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article226"><em>Les mots</em></a>, de Leslie Kaplan, et sans cette lecture, je n’aurais pas écrit cette histoire du représentant. Je suis dans un café, je reconstitue une conversation qui m’arrive par bribes, je pense aux mots, au Mots, à <em>Sortie d’usine</em> de François Bon (je n’ai pas lu <em>Usine</em> de Leslie Kaplan). Je repense naturellement à ce que j’ai écrit, <em>‘‘la crise’’</em>, qui sort <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?rubrique147">chez Publie.net</a> bientôt (<a href="http://publie.net/tnc/spip.php?article305">est sorti</a> le 3/2/10), car <em>Les mots</em> commence par:</p>
<blockquote><p>les mots, qu’est-ce que c’est ?<br />
on se pose cette question quand il y a une crise<br />
quand on ressent une crise<br />
des mots, du langage, du sens<br />
les mots sont dévalorisés, ne signifient plus rien,<br />
mensonges, tromperie
</p></blockquote>
<p>Les mots peuvent perdre leur sens, et nous perdre avec, voilà ce que j’avais voulu écrire dans <em>‘‘la crise’’</em>, je savais confusément que ce sont les mots qui étaient là important, leur rôle face à la crise permanente – économique, politique, du sens, sociale – c&#8217;est-à-dire face à la société. Certains aphorismes de <em>‘‘la crise’’</em> sont, je crois, pleinement conscients de ce devoir, mais je crois l’ensemble mal guidé, comme si la crise elle-même, poison glissant au creux de mon écriture, venant de moi, sous influence, ne sachant plus, ayant perdu, le sens, étant peut-être, sans sens, <em>hors de propos</em> ? La seule protection que j’ai trouvée contre ce poison, les guillemets, car pour moi pas moyen d’écrire sur cet article et ce mot sans stipuler son caractère mutant, ce n’est pas un mot, pas de tiret non plus, pas « la-crise », ni « lacrise », non les guillemets bien accrochés, collés au « l » et au « e », pas « la crise », non : ‘‘la crise’’, j’ai écrit comme ça tout le texte (et les premiers jets sur <a href="http://www.facebook.com/joachim.sene">Facebook</a>, sous forme de statuts). Pas un mot mais cette chose du monde qui blesse, qui tue, qui détruit, qui se moque, qui domine, qui aliène, qui exploite, qui ronge, qui… Tentative de définition, d’explication, de résistance, de nommage peut-être, rien que ça, déjà, je ne sais pas, tentative. Comme écrire des évidences ? Comment écrire que le système est cette crise, et inversement, qui se nourrit de ces changements, plus ou moins brusques et violents, les pauvres plus nombreux, plus pauvres, et les riches plus riches, comment dire l’évidence ? Qu’est-ce encore que ce mot, « évidence » ?</p>
<p>Evidence : « Caractère de ce qui est évident ; notion si parfaite d&#8217;une vérité qu&#8217;elle n&#8217;a pas besoin d&#8217;autre preuve. »   (<a href="http://francois.gannaz.free.fr/Littre">Littré</a>)</p>
<p>Evident : « Qui est connu tout d&#8217;abord et sans peine. »</p>
<p>Comment le plus sensible, le plus douloureux, pourrait-il ne pas être vu ? Oui, c’est bien ça la difficulté, en réalité, tout ceci n’est pas évident, n’est pas donné à voir, c’est là le cœur: le langage, la menace sur lui, pesante, les mots perdent leur sens, il y a tromperie, le mensonge enfle, inévident à tenter de toucher.</p>
<blockquote><p>They cannot let it expand<br />
They cannot let it expand<br />
They cannot let it expand<br />
They cannot let it<br />
They cannot let it<br />
They cannot let it<br />
They cannot let it expand<br />
They cannot let it expand<br />
They cannot let it expand
</p></blockquote>
<p><a href="http://www.midlake.net">Midlake</a>, <em>They cannot let it expand</em>, album « Bamnan and Slivercork ».</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Fragments, chutes et conséquences</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 22:29:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai mis du temps à mener ce projet à son terme (qui est en fait son commencement), entrecoupé par d&#8217;autres travaux, par la vie qui mène son cours et nous entraîne avec elle, nous réclamant sans trêve, et il a finalement abouti, ce projet, après des hésitations, des doutes surtout (le faire, ne pas le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/capture_fragments_chutes_et_consequences_dans_mon_firefox.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/capture_fragments_chutes_et_consequences_dans_mon_firefox.jpg" alt="" title="capture_fragments_chutes_et_consequences_dans_mon_firefox" width="436" height="299" class="alignnone size-full wp-image-915" /></a></p>
<p>J&#8217;ai mis du temps à mener ce projet à son terme (qui est en fait son commencement), entrecoupé par d&#8217;autres travaux, par la vie qui mène son cours et nous entraîne avec elle, nous réclamant sans trêve, et il a finalement abouti, ce projet, après des hésitations, des doutes surtout (le faire, ne pas le faire, pourquoi, qu&#8217;est-ce que, je ?), à ce que j&#8217;ai appelé <a href="http://www.joachimsene.fr/txt"><strong>Fragments, chutes et conséquences</strong></a>.</p>
<p>Je ne sais pas encore ce que cela va être, va devenir. Dans le premier geste, c&#8217;est pour moi le moyen de publier tous ces textes courts, anciens, présents sur l&#8217;ancienne version de mon site dans un style XXé siècle très figé. Et d&#8217;autres textes, plus récents, dont je ne sais que faire, mais le lecteur, lui saura. Dans un autre geste, en ébauche, des textes à venir ? Oui, c&#8217;est ce que j&#8217;aimerais. Reproduire en ligne <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/">l&#8217;exercice du carnet</a> ? Augmenter un <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article592">risque d&#8217;écriture, expérimenter</a> plus ?</p>
<p>Et, peut-être, finalement, conjurer le fantôme opiniâtre qui réclame son dû.</p>
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		<title>2010</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jan 2010 22:39:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ratures]]></category>
		<category><![CDATA[chemin]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<description><![CDATA[Je vous souhaite. Je vous souhaite, vous. De meilleurs. Une joyeuse. Bonne, heureuse. Euphorique. Meilleurs. Bons. A vous. Pleins de. Que cette année vous. Qu’enfin. Que pour l’an. Au moins et au-delà. * Je convoite une altruiste et comblée pige, à vous mes complices, mes fréquentations, cinquième de lustre indulgent garni de tempérament. * Cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/Escalier_echelles_neon_Photo0172.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/Escalier_echelles_neon_Photo0172.jpg" alt="" title="Escalier_echelles_neon_Photo0172" width="430" height="323" class="alignnone size-full wp-image-866" /></a></p>
<p>Je vous souhaite.<br />
Je vous souhaite, vous.<br />
De meilleurs.<br />
Une joyeuse.<br />
Bonne, heureuse.<br />
Euphorique.<br />
Meilleurs.<br />
Bons.<br />
A vous.<br />
Pleins de.<br />
Que cette année vous.<br />
Qu’enfin.<br />
Que pour l’an.<br />
Au moins et au-delà.<br />
*<br />
Je convoite une altruiste et comblée pige, à vous mes complices, mes fréquentations, cinquième de lustre indulgent garni de tempérament.<br />
*<br />
Cette année je résous, je calcule sans anticipe, participe sans passé et vois loin.<br />
*<br />
J’entérine toute l’année, dès maintenant, entière je la ratifie : qu’elle soit (et à la fin de l’année tous confirmerons, après moi : &laquo;&nbsp;elle fut !&nbsp;&raquo;)<br />
*<br />
Ce caractère irréparable – à quelques corrections près, à quelque refonte complète près, et bien que considérant aussi à la possibilité de tout effacer à tout moment, sauvegardes comprises – de la publication blog, une fois le bouton &laquo;&nbsp;publier&nbsp;&raquo; enclenché : car les flux sont diffusés, la publication est signalée partout (à qui suit, en tous cas : au moins les robots).<br />
Le risque.<br />
La fréquence de publication.<br />
Ce risque pris et l’expérience faite, et le langage approché.<br />
Ce geste, cette tentative.<br />
Au départ pour moi bloguer était un travail réfléchi, l’aboutissement d’un texte, c’était ce que je voulais, d’où ce titre étrange &laquo;&nbsp;journal écrit&nbsp;&raquo;, qu’il serait peut-être temps de changer. Et dès <a href="http://www.joachimsene.fr/d/blog-JournalEcrit-20040929-20090215.prs.doc.pdf">le départ</a>, pourtant, s’est écrit le cheminement de travaux qui ne se terminaient jamais. Aujourd’hui, je me doute bien qu’il n’y a pas d’aboutissement, pas de bout, rien que le cheminement, et cela me rassure quant à mon travail, quant à mon pourquoi. Je souffle de me voir autoritaire au passé, de voir que j’ai lâché la bride, que la liberté, tant que possible, je l’aide, un peu. Récemment, passant devant un panneau routier de ville indiquant « Médiathèque Alexandre Jardin », je me suis souvenu que j’avais aimé, à l’époque où je lisais en tout et pour tout cinq ou six auteurs, L’île des gauchers. Je commençais alors à m’ouvrir au monde, et puis les lectures se sont multipliées, et vérifiant ce goût je constate aujourd’hui qu’il est bien révolu, et comprends pourquoi ; expliquerai-je <a href="http://www.eric-chevillard.net/t_letombeaudalexandrejardin.php">pourquoi</a> ? Mais reste le panonceau, et l’inamovible médiathèque. En urbanisme on dit, pour le panonceau : « mobilier urbain ».<br />
*<br />
Que l’année déplace.<br />
*<br />
Je reviens sur ce chemin, tracé derrière soi, que je ne vois pas : j’avance dans une grande plaine d’herbes hautes, terre inconnue, et je vais et c’est seulement en me retournant que je vois la trace laissée (est-ce que je crois vraiment que je peux voir les herbes rabattues par mon passage ou alors ont-elles déjà repoussé ? sont-elles devenues galets à choisir, grains de sable à trier, tessons sur lesquels soudain je marche, je crois marcher, je) et en me retournant à nouveau : ce chemin : tout a changé et je ne reconnais plus rien de l’endroit où je m’étais préparé à poser le pied – s’il y a encore un endroit.<br />
*<br />
Que l’année renverse ?<br />
<br/><br />
<a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/et_de_l_autre_cote_la_police_Photo0202.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/et_de_l_autre_cote_la_police_Photo0202.jpg" alt="" title="et_de_l_autre_cote_la_police_Photo0202" width="430" height="323" class="alignnone size-full wp-image-870" /></a><br />
<br/></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>De ce qui est monstrueux</title>
		<link>http://www.joachimsene.fr/journalecrit/de-ce-qui-est-monstrueux/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 22:25:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ratures]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Ndiaye]]></category>

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		<description><![CDATA[Eric Raoult rappelle Marie NDiaye à son «devoir de réserve». Monstre 5. un monstre, une chose dont on s&#8217;effraye. 6. par analogie et par transition du physique au moral, personne cruelle, dénaturée, ou remarquable par quelque vice poussé à l&#8217;excès. Monstrueux 4. qui excède en mal tout ce qu’on peut concevoir. 5. qui choque les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/11/thief_and_cctv_edinburg_DSCN3818.jpg" alt="thief_and_cctv_edinburg_DSCN3818" title="thief_and_cctv_edinburg_DSCN3818" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-671" /></p>
<p><a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20091109/15794/eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve">Eric Raoult rappelle Marie NDiaye à son «devoir de réserve»</a>.</p>
<blockquote><p>
<strong>Monstre</strong><br />
5. un monstre, une chose dont on s&#8217;effraye.<br />
6. par analogie et par transition du physique au moral, personne cruelle, dénaturée, ou remarquable par quelque vice poussé à l&#8217;excès.</p>
<p><strong>Monstrueux</strong><br />
4. qui excède en mal tout ce qu’on peut concevoir.<br />
5. qui choque les règles du goût. Qui choque la raison.
</p></blockquote>
<p><a href="http://francois.gannaz.free.fr/Littre/accueil.php"><em>Littré</em></a><br />
<br/></p>
<p>Bien banal de revenir à des définitions. Mais il le faut, revenir au sens des mots, leur accorder de l&#8217;importance, n&#8217;avoir aucune réserve à cet égard, car la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sensure">sensure</a> guette.</p>
<p>Notons que dans le titre du bibliobs, la présence du possessif &laquo;&nbsp;son&nbsp;&raquo;, et sa localisation hors des guillemets.</p>
<p>Sur ce blog j&#8217;essaie de ne pas défendre mais d&#8217;écrire mais il m&#8217;est arrivé plusieurs fois d&#8217;être obligé de ça, concernant la liberté d&#8217;expression, régulièrement attaquée, ce qui m&#8217;indigne, et utiliser ce mot, &laquo;&nbsp;indigner&nbsp;&raquo;, qui me semble si pauvre, montre bien pourquoi j&#8217;évite le sujet politique, car je ne sais pas en parler, toujours cette impression d&#8217;être comme Thomas, jeune, dans <em>Assez parlé d&#8217;amour</em>, d&#8217;<a href="http://www.oulipo.net/oulipiens/HLT">Hervé Le Tellier</a>, ma véhémence est en proportion de mon ignorance. Mais faut-il connaître quelque chose à quoi que ce soit pour dire:</p>
<p>Monstrueux : rétablir la peine de mort, y songer.</p>
<p>Monstrueux : expulser dans un pays en guerre des réfugiés.</p>
<p>Monstrueux : arrêter devant l’école des enfants sans papier.</p>
<p>Voilà pour ce qui peut être le plus généralement admis comme monstrueux. Pour ma part, il existe d&#8217;autres faits qui me choquent, où je vois un vice poussé à l’excès, qui m’effraye. Le &laquo;&nbsp;consensus&nbsp;&raquo; me semble toujours curieusement s&#8217;arrêter à la frontière de l&#8217;économie, du social, tant le discours dominant remplit la totalité de l&#8217;espace politique, accepté par l&#8217;espace médiatique, comme si, du reste, on ne devait pas parler. Comme s&#8217;il fallait s&#8217;en tenir à des bases communes en guise d&#8217;opposition. Sans doute sont elles nécessaires. Mais d&#8217;opposition, il n&#8217;y a pas et s&#8217;il y a elle est inaudible, rendue telle, rejetée en marge, jugée pas &laquo;&nbsp;réaliste&nbsp;&raquo; par le pouvoir et ses médias. Il y en a si peu que le pouvoir peut se permettre d&#8217;effacer tout ce qui pourrait commencer à  ressembler à de l&#8217;opposition au capitalisme, peut se permettre de balayer toute liberté restante qui pourrait encore donner naissance à un adversaire. Et les contre-pouvoirs ne sont plus là où on les attendait, le consensus pour le marché est large, s&#8217;étend à ce qui s&#8217;appelait la gauche, le socialisme.</p>
<p>Je me suis senti obligé de rejeter la ligne suivante loin des autres :</p>
<p>Monstrueux : réduire les dépenses publics de soins, d&#8217;éducation.</p>
<p>Mais peut-être aurais-je dû l&#8217;accoler ?</p>
<p>Pourquoi écrire tout ça ? La réaction de Raoult face au mot de &laquo;&nbsp;monstrueux&nbsp;&raquo; employé par Ndiaye, me semble dire quelque chose de la manière dont la droite, ou le pouvoir en général, qui peut être à gauche, réagit à la vérité, et plus particulièrement quand celle-ci et si violente, poétique, que ce mot de monstrueux, prononcé tout à côté d&#8217;une phrase de Duras et de ce que Ndiaye en explique: &laquo;&nbsp;Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d&#8217;abêtissement de la réflexion, un refus d&#8217;une différence possible&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&#8217;est ce que cela appelle en moi, et la réaction forte d&#8217;un de ces gens là, qui me fait réagir et écrire, sans savoir où je vais.</p>
<p>Ces ministres, leurs députés et leurs promoteurs, qui ouvrent par leurs lois et leurs directives, à la finance mondiale affamée les Etats, leurs institutions et leurs fondements, voilà quelque chose qui me semble effrayant, plein d’excès, déraisonnable. C’est le marché libre qui a faim, où la concurrence libre et non faussée prévaut sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la république une et indivisible (&laquo;&nbsp;ou la mort&nbsp;&raquo; est-il encore écrit sur le fronton de certaines mairies). C’est cet appétit choquant qui est sans cesse rassasié même après la démonstration de la chute de ce monde – chute-illusion car elle ne touche que les plus pauvres, les plus éloignés des contrôleurs du système, alors même qu’ils les ont élus – le capitalisme n&#8217;est pas plus &laquo;&nbsp;en crise&nbsp;&raquo; aujourd&#8217;hui qu&#8217;hier. &laquo;&nbsp;Réforme nécessaire&nbsp;&raquo; après &laquo;&nbsp;réforme nécessaire&nbsp;&raquo;, les institutions auxquelles nous devrions &laquo;&nbsp;le respect&nbsp;&raquo;, et inversement sans doute, appliquent les directives et règlements d’autres institutions, Union Européenne, FMI, OMC, et toutes vont dans le sens de piller ce qui appartient aux Etats, aux populations, pour le transférer au &laquo;&nbsp;marché libre&nbsp;&raquo;, aux capitaux privés, car ceux qui sont le moins touchés par la chute de ce monde mais qui l’ont provoqué sont les moins éloignés des contrôleurs du système, et il faut nourrir leur appétit monstrueux. Elus par le plus grand nombre, ceux qui agissent rendent comptent à un très petit nombre de possesseurs de capital, qui peuvent investir, jouer, &laquo;&nbsp;perdre&nbsp;&raquo; et rejouer, et offrent restaurants, cadeaux, postes, vacances, reconnaissance à ceux qui se font passer pour les délégués du peuple. Ce qui fait nos institutions, notre Etat, pourquoi pas dire l’identité d’une nation, ce qui appartient et sert à tous et qui fait qu’en retour chacun participe pour l’ensemble, est détruit : soins gratuits, retraite, éducation pour tous, services publics de l’eau, de l’énergie, de la poste, des transports, entreprises publiques, conventions collectives… (J&#8217;en oublie.) Partout répété dès le matin au radio-réveil avant d&#8217;aller au travail ou en chercher, que cela est &laquo;&nbsp;nécessaire&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;inéluctable&nbsp;&raquo;, c’est &laquo;&nbsp;naturel&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;meilleur système à l’exclusion de tous les autres&nbsp;&raquo;, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; le communisme et ses millions de morts, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; le fascisme est ses millions de morts, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; Le Pen, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; Laguiller, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; le sang de la révolution, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; pire, c’est ça &laquo;&nbsp;ou&nbsp;&raquo; la guerre, alors nous votons le couteau &laquo;&nbsp;utile&nbsp;&raquo; sous la gorge. Et s’il faut être surveillé, c’est parce que c’est nécessaire. Et s’il faut être fiché, c’est parce que c’est nécessaire. Et s’il faut, par un prétendu &laquo;&nbsp;devoir de réserve&nbsp;&raquo;, convier quelqu’un à se taire, c’est parce que c’est nécessaire. A qui profitent ces crimes ?</p>
<p>Oui, le monstre effraie, le monstre reconduit dans un pays en guerre des réfugiés, le monstre arrête des enfants sans-papiers devant l’école, le monstre réforme, le monstre sélectionne, le monstre libère la concurrence, le monstre rêve du chacun pour soi, chacun en libre concurrence avec tous les autres dans la nature, le monstre rêve de la loi du plus fort, des royaumes et des conquêtes, chaque année le monstre augmente le budget militaire.</p>
<p>Chaque année qui passe, et son gouvernement avec, depuis vingt ans, depuis trente ans, depuis quand, laisse dans son sillage un pays toujours un peu plus en retard sur le haut niveau de conscience sociale qui avait pu être atteint, sur ce que l’humanité avait peut être produit de plus généreux, de plus inattendu : le contrat social dans un monde où la liberté individuelle et d’expression existent – peut-être ce que je viens de décrire là a-t-il existé, mais c&#8217;est trop idéal et sans doute cela n’a-t-il jamais existé. Peut-être cela a-t-il simplement été possible. Peut-être cela a-t-il été tout proche. Peut-être cela était-il encore loin, mais à peu près dans cette direction. Peut-être que chaque jour qui passe cela est de moins en moins possible.</p>
<p>Je ne sais pas si ce que j&#8217;écris là est dans le sujet, ne dépasse pas quelque borne. Je ne crois pas, car il y a l&#8217;accumulation, les pions poussés petit à petit, loi après loi, réforme après réforme, déclaration après déclaration. Je pense simplement à Philippe Soupault, ce qu&#8217;il écrit en postface du <em>Grand Homme</em> (1929), dans l&#8217;édition de 1946 et qui me saisit à chaque lecture.</p>
<blockquote><p>Pourquoi déterrer les cadavres ? (…) Je crois que c’est précisément parce qu’on veut oublier que j’ai voulu rééditer l’ouvrage que j’avais écrit il y aura bientôt vingt ans. Car ces personnages dont l’existence me révolta d’abord, et ne cessa ensuite de m’inquiéter presque jusqu’à l’angoisse, ne sont morts qu’en apparence. J’ai retrouvé vivants, j’ai reconnu leurs semblables, aussi nocifs, aussi perfides, aussi hypocrites, ceux qu’on appelle les grands bourgeois. Durant quatre années terribles et immondes, ces grands bourgeois ont montré ce qu&#8217;ils aimaient et ce qu&#8217;ils souhaitaient. Ils ont cru qu&#8217;ils pouvaient impunément se vautrer dans la boue, jouir sans vergogne de leurs privilèges, s&#8217;emparer, enfin, et pour longtemps -sans risquer d&#8217;être contrôlé ou dénoncé,- de ce qu&#8217;ils appelaient des leviers de commande, en se félicitant d&#8217;assurer le pouvoir d&#8217;un Pétain, de glorifier la &laquo;&nbsp;méthode&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;prestige&nbsp;&raquo; de Hitler, de Mussolini ou de Franco. Le nazisme et le fascisme sont, en apparence, et provisoirement du moins, anéantis, mais les grands bourgeois, en France surtout, après avoir tremblé de peur pendant quelques mois, retrouvent, en même temps que leur morgue, leurs privilèges et leur puissance. [...] Je n&#8217;avais pas osé prévoir ni annoncer ce qu&#8217;ils seraient amenés à commettre. Je les savais, pourtant, capables de tout. On ne voulait pas me croire, jadis, quand je publiais les romans où je dénonçais, avec trop de véhémence et avec trop de fureur, disait-on, les mœurs des bourgeois, leurs préjugés, leurs vices, leurs ridicules, leurs volontés criminelles, leur égoïsme et leur conformisme que je me m&#8217;efforçais moins de qualifier que d&#8217;illustrer par des exemples. </p></blockquote>
<p><center>*</center><br />
<br/><br />
Voir aussi (ajouts irréguliers) :<br />
<a href="http://towardgrace.blogspot.com/2009/11/on-en-hait-la.html">Le Clavier Cannibale II</a>.<br />
<a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1257794160/article/eric-raoult-sattaque-a-marie-ndiaye-et-invente-un-devoir-de-reserve-pour-les-prix-goncourt/">Les inrocks</a>.<br />
<a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1257963000/article/marie-ndiaye-je-persiste-et-signe/">Marie Ndiaye &laquo;&nbsp;persite et signe&nbsp;&raquo;</a>.<br />
<a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101602597-marie-ndiaye-cette-histoire-vient-confirmer-ce-que-je-pense">Interview Libé</a>.<br />
<a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/11/12/foin-de-notre-devoir-de-reserve/">République des Livres</a>.<br />
<a href="http://l-autofictif.over-blog.com/article-721-39217988.html">L&#8217;Autofictif</a>.<br />
<a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1409">La revue des ressources</a>.<br />
<a href="http://www.livreshebdo.fr/politique-du-livre/actualites/affaire-eric-raoult-goncourt--toutes-les-reactions/3705.aspx">Autres réactions</a>.<br />
<a href="http://www.berlol.net/jlr2/?p=1785">Journal LittéRéticulaire</a>.<br />
<a href="http://remue.net/spip.php?article3433">Y.S. Limet</a>.<br />
<a href="http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/11/10/ceux-qui-tancent-la-senegaloise.html">Carnets de Jean-Louis Kuffer</a>.<br />
<a href="http://devoirdereserve.com/">Pétition de soutien (sans réserve) à Marie Ndiaye</a>.<br />
<a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/la-redaction-de-mediapart/181109/signez-l-appel-international-pour-antonio-tabucchi">Appel international pour Antonio Tabucchi</a>.<br />
<br/><br />
<em>Ajout du 20/11/2009:</em><br />
<a href="http://www.desordre.net/blog/?debut=2009-11-08#2317">Le Désordre fait le lien</a> entre cette affaire et <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1949">une autre</a>, que je comprends beaucoup moins bien, étant peu au fait de ces choses, mais dont je devine, <a href="http://blog.marcpautrel.com/post/2008/04/18/Suppression-de-la-direction-du-livre-et-de-la-lecture">à force de lire</a>, l&#8217;importance.<br />
<br/><br />
<em>Ajout du 16/01/2009:</em><br />
Un article de Frédérique Clémençon <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/nous-sommes-tous-en-reserve-de-la-republique/article/150110/tuez-le-bien-commun-et-salu">à lire sur Mediapart</a>.<br />
<br/></p>
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		<title>Paris-Brive (extrait)</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2009 21:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ratures]]></category>
		<category><![CDATA[Trains]]></category>
		<category><![CDATA[écrire dans le train]]></category>
		<category><![CDATA[point de vue]]></category>
		<category><![CDATA[train]]></category>

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		<description><![CDATA[Des buissons aux fleurs jaunes. Un escalier, vers la route, le pont au-dessus des rails. Les horizontales de flou du remblai végétal mélangent les verts. Un bassin dans le jardin. Un pêcheur au bord d’un étang, assis près d’un panier. Des rails en tas, au bout d’un quai. Un toit haut et pointu, en trapèze, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/05/escaliers_rampes_brive_dscn2074.jpg" alt="escaliers_rampes_brive_dscn2074" title="escaliers_rampes_brive_dscn2074" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-290" /></p>
<p>Des buissons aux fleurs jaunes.<br />
Un escalier, vers la route, le pont au-dessus des rails.<br />
Les horizontales de flou du remblai végétal mélangent les verts.<br />
Un bassin dans le jardin.<br />
Un pêcheur au bord d’un étang, assis près d’un panier.<br />
Des rails en tas, au bout d’un quai.<br />
Un toit haut et pointu, en trapèze, surmonté de deux courtes flèches.<br />
Un bois sans sous-bois, troncs élancés et alignés, sous une futaie sage.<br />
Vert émeraude sombre d’un champ constellé de vert pomme d’épis.<br />
Un feu de signalisation ferroviaire.<br />
Des bâtons plantés régulièrement, entre eux un fil délimite.<br />
Un arbre sans feuille, branches claires, semble fragile.<br />
Un escalier moussu monte vers un pont au-dessus des rails.<br />
Une route de forêt, terre rouge sombre.<br />
Deux auges, une verte et une rouge.<br />
Des pins dénudés surplombent leurs propres branches coupées.<br />
Deux troncs semblent partager les mêmes branches.<br />
Un pylône à large base carrée, se termine pointu comme une fusée.<br />
Des dizaines de remorques de camion rouges et blanches.<br />
La Souterraine, son quai, son panneau « Danger ! Il est interdit de traverser les voies. Pour votre sécurité emprunté le passage souterrain. » La ligne jaune sur le quai. Les cailloux ferreux entre les rails, les poutres entre les rails. Un paquet de cigarettes froissé a été jeté sur le bord du quai. « La Souterraine » écrit blanc sur fond bleu marine. Repère D. LA Souterraine Repère C. Repère B. Sortie.<br />
Un arbre aux feuilles rouges.<br />
Du linge est étendu dans le jardin.<br />
Une antenne satellite pointe le ciel blanc-gris.<br />
Noir. Mon reflet dans la vitre.<br />
Une route sans marquage en forme de Y.<br />
Une ferme aux vieux murs, sur le toit les tuiles ont verdi.<br />
Le lierre a entièrement recouvert le pignon, s’attaque au toit.<br />
Une route gris clair seulement marquée par l’âge longe les rails.<br />
Un tas de bois coupé menace de s’effondrer d’un instant à l’autre.<br />
Une vallée, la rivière écume entre des roches, léger vertige vite passé.<br />
Dans le bois, route de terre sinueuse avec de l’herbe au milieu.<br />
Bois coupé en tas, les tas en vrac sur l’herbes. Une pelleteuse à l’arrêt.<br />
Noir. Reflet de la page sur l’écran dans la vitre.<br />
Fleurs jaunes sur les buissons.<br />
Des poubelles aux couleurs du recyclage.<br />
Les volets sont fermés.<br />
L’antenne télé est accrochée à la cheminée.<br />
Quatre voitures rouges côte à côte dans la rue, devant deux maisons.<br />
Une gare.<br />
Une femme porte un seau rouge sur sa grande pelouse.<br />
Noir. Reflet des mes mains sur le clavier.<br />
Un tracteur sans cabine entre dans la cour. Pot sur le capot, fumée.<br />
Murs d’une usine de quoi ? Silos, tapis roulants inclinés.<br />
Voiture blanche sur une route.<br />
Haut toit trapèze surmonté de flèches aux drapeaux, métal.<br />
Mur géométrique comme carapace de tortue.<br />
Wagon de marchandises à l’arrêt, sans locomotive.<br />
« Limoges Bénédictins ». Repère A. Voie G. Publicité pour l’I-Phone 3G. Est écrit à l’envers, il faudrait lire dans un miroir où être dans cet autre train, voiture 5 : « Sortie donnant sur la voie ». Dans le reflet de la vitre du train d’à-côté, voir un tag sur mon wagon, « Teim » avec un point énorme, aussi gros qu’une lettre, sur le i, à moins que ça ne soit un O. « Attention aux trains » sur un panneau jaune. D’après le reflet de mon train dans le train d’à-côté, mon train est exactement identique au train d’à-côté. Plus loin : Repère U, Voie E. L’heure, midi passé de vingt minutes. Un wagon de marchandise rouge sombre, tout fermé aux portes coulissantes ; toujours l’impression de voir dans ces wagons un départ pour les camps avec des gens dedans, image vu dans des films, ou des reportages. Le chiffre 2 aussi haut que la porte du wagon, pour dire « seconde classe ». Un train arrive voie G.  Le train d’à-côté bouge, où c’est le mien qui part ? Je regarde de l’autre côté mais soudain plus rien ne bouge. La voiture est plus vide que pleine, mais des enfants donnent l’impression contraire. Sur un parking là-bas un bus plus clair que vert pomme, orné d’un serpentin bleu et de formes géométriques multicolores (carrés et triangles seulement) s’est garé, je le vois à travers les vitres du train d’à-côté. Le train d’à-côté bouge, et puis la gare bouge et le monde tout autour bouge. Voie H. Repère X. Limoges-Bénédictins. Attention.  Relais Limousin. Etablissements Savignac, peinture vitrerie, gros.<br />
Noir. (Yeux fermés.)<br />
Des antennes de télé s’accrochent à une cheminée.<br />
Sens unique.<br />
Voie rétrécie à cent cinquante mètres.<br />
Casse. Des voitures les unes sur les autres, par dizaines.<br />
Immeubles en barres.<br />
Panneau publicitaire destiné à la route, tout gris vu d’ici.<br />
Des clochers au loin, dans la ville.<br />
Sur la terrasse, deux parasols fermés. Un blanc, un bleu. Chaises vides.<br />
Bovins roux affalés.<br />
Cabanon béton au toit percé, abandonné dans un bois près des rails.<br />
Noir. Reflet du dos du siège devant moi, blanc.<br />
Compteurs électriques, ou relais, bref : boîtier SNCF.<br />
Pont de pierre en voûte.<br />
Quatre chevaux, un couché.<br />
Quai d’une minuscule gare.<br />
Maison manoir jouxte un complexe électrique. Transfo ?<br />
Un cèdre immense, de sa base partent d’innombrables branches.<br />
Noir. Reflet des lampes murales.<br />
Attention virages sur 500 mètres.<br />
Fleurs roses dans les herbes folles.<br />
Terrain de tennis, derrière du grillage rouillé. Très abandonné.<br />
Maison très proche, maison de passage-à-niveau.<br />
Peugeot 405 noire à aileron arrière. Garée.<br />
Toit mou de tuiles rouge foncé.<br />
Roches comme remblai, et végétaux<br />
Pont routier sur de hauts piliers carrés.<br />
Rivière en contrebas.<br />
Des moutons en file indienne.<br />
Les vaches boivent toutes en même temps.<br />
Gare de Glange.<br />
Vaches normandes.<br />
Un peuplier là-bas s’illustre par sa hauteur.<br />
Une ferme aux murs tous aveugles : elle nous tourne le dos.<br />
De la voie ferrée, part une route en Y.<br />
Une voiture blanche longe la voie, de loin, entre dans le village.<br />
St Méard, 13 kilomètres.<br />
Quai d’une gare.<br />
Pont en voûte.<br />
Fleurs jaunes et bois mort.<br />
Pont plus haut.<br />
Etang quasi carré.<br />
Toit pointu, grande surface de tuile.<br />
En contrebas, routes, prés, haies.<br />
Des fleurs roses dans le sous-bois.<br />
St Germain Les Belles.<br />
Empilements de bois coupé sous les arbres.<br />
Une route longe la voie, de l’herbe au milieu.<br />
Prairie vert clair mouchetée de fleurs blanches.<br />
Fleurs jaunes, buissons. Fleurs blanches, arbres.<br />
Des moutons gris paissent.<br />
Une camionnette bleue passe.</p>
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		<title>Dimanche, 29 mars 2009</title>
		<link>http://www.joachimsene.fr/journalecrit/dimanche-29-mars-2009/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Le dimanche est un long après-midi. &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/03/praktica_dscn0905.jpg" alt="praktica_dscn0905" title="praktica_dscn0905" width="438" height="292" class="alignleft size-full wp-image-176" /></p>
<p><br/>&nbsp;<br/><br />
<br/>&nbsp;<br/><br />
Le dimanche est un long après-midi.<br />
<br/>&nbsp;<br/><br />
<br/>&nbsp;<br/></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Actualité littéraire, scientifique, numérique et sociale, quelques liens</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2009 07:17:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ratures]]></category>
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		<description><![CDATA[Publie.Net sera chez Arte.TV à l&#8217;occasion du Salon du Livre. http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1688 Les voix de Michon, Bergounioux, Echenoz, Quignard, à propos de la forme &#171;&#160;roman&#160;&#187;, est-elle close ? Peut-on encore écrire de nouvelles formes ? Les nouveaux malfaiteurs du &#171;&#160;roman&#160;&#187; français en discutent autour d&#8217;une marmite de soupe. http://www.ouvertlanuit.net/lab/zazie.htm Le Palais de la Découverte menacé de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/03/expo_gakona_en_montage_au_palais_de_tokyo.jpg" alt="expo_gakona_en_montage_au_palais_de_tokyo" title="expo_gakona_en_montage_au_palais_de_tokyo" width="438" height="292" class="alignleft size-full wp-image-156" /></p>
<p>Publie.Net sera chez Arte.TV à l&#8217;occasion du Salon du Livre.<br />
<a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1688">http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1688</a></p>
<p>Les voix de Michon, Bergounioux, Echenoz, Quignard, à propos de la forme &laquo;&nbsp;roman&nbsp;&raquo;, est-elle close ? Peut-on encore écrire de nouvelles formes ? Les nouveaux malfaiteurs du &laquo;&nbsp;roman&nbsp;&raquo; français en discutent autour d&#8217;une marmite de soupe.<br />
<a href="http://www.ouvertlanuit.net/lab/zazie.htm">http://www.ouvertlanuit.net/lab/zazie.htm</a></p>
<p>Le Palais de la Découverte menacé de rationalisation.<br />
<a href="http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/">http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/</a></p>
<p>Les comptables du gouvernement frappent à nouveau, ils veulent écouter les conversations, ouvrir le courrier bref, après l&#8217;avoir installé dans un sens de transmission, ils veulent maintenant l&#8217;installer l&#8217;autre sens de transmission (celui qui va en sens inverse de l&#8217;actuel c&#8217;est à dire: des foyers vers le gouvernement), je veux parler du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9crans">télé</a><a href="http://www.librairal.org/wiki/George_Orwell:1984_-_Premi%C3%A8re_Partie_-_Chapitre_I">cran</a>,<br />
<a href="http://www.laquadrature.net/HADOPI">http://www.laquadrature.net/HADOPI</a></p>
<p>Sur la Guadeloupe, lire le <a href="http://www.joachimsene.fr/d/manifeste.pdf"><em>Manifeste</em></a> <em>pour les &laquo;&nbsp;produits&nbsp;&raquo; de haute nécessité</em>, de Breleur, Chamoiseau, Domi, Delver, Glissant, Pigeard de Gurbert, Portecop, Pulvar et William ; de la poétique politique ou l&#8217;inverse, très beau texte, très fort au début, très clair, mais par la suite sur le plan de l&#8217;action politique je vois mal ce qui peut en ressortir de concret même si la philosophie de cet appel à changer de société est le bienvenu. Je préfère la clarté des faits, sur place, après la grève, intéressons-nous à ce qu&#8217;un département a pu <a href="http://ugtg.org/article_792.html">arracher</a>, même si cela semble bien faible en regard des sommes en jeu dans la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo;, milliards par centaines multipliés, véritable miracle qui fait oublier les années de mensonges et d&#8217;hypocrisies sur le déficit public, les nécessaires réformes et le coût des services publics de santé, de transport&#8230; Lire les <a href="http://www.lkp-gwa.org/LIYANNAJ_KONT_PWOFITASYON_PF_4_PAGES-1.pdf">revendications du LKP</a>, les projeter dans notre ville pour se dire, oui, pourquoi pas, et penser à ces milliards, et se dire, comme dans le manifeste, que :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Aucune de nos revendications n&#8217;est illégitime.<br />
Aucune n&#8217;est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte.&nbsp;&raquo;
</p></blockquote>
<p><br/></p>
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		<title>Voeux 2009</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 11:56:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[2009]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle année]]></category>
		<category><![CDATA[voeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonne ann&#233;e et que v&#339;ux se produisent A celui qui attend la pluie A celui qu&#8217;attend la vie A celui qui attend &#160;&#160;&#160; Le lent heurt de l&#8217;an neuf A celui qui veut l&#8217;aride &#224; lire &#160;&#160;&#160; Et attend la nuit &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; De tourner la page Bonne ann&#233;e &#224; celui qui cherche A celui qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/01/fleur_dans_la_neige_dscn0730.jpg" alt="fleur_dans_la_neige_dscn0730" title="fleur_dans_la_neige_dscn0730" width="438" height="292" class="alignleft size-full wp-image-36" /><br />
<font size="2"><br />
<br />
 Bonne ann&eacute;e et que v&oelig;ux se produisent<br />
 A celui qui attend la pluie<br />
 A celui qu&rsquo;attend la vie<br />
 A celui qui attend <br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le lent heurt de l&rsquo;an neuf<br />
 A celui qui veut l&rsquo;aride &agrave; lire<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Et attend la nuit<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De tourner la page<br />
 Bonne ann&eacute;e &agrave; celui qui cherche<br />
 A celui qui attend et croit<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Qui retient son souffle au lever du jour<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Et devine l&rsquo;horizon sous la lueur tremblante de l&rsquo;espoir<br />
 A celui qui secoue l&rsquo;espoir<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; En recueille les chus d&eacute;sirs refleuris<br />
 Consolation au gris regard <br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour qui demain <br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Sera tard<br />
 Rem&egrave;de au corps malade<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour qui l&rsquo;hier<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Est trop loin<br />
 Secours aux plaies d&rsquo;injustice<br />
 Succ&egrave;s aux aspirations <br />
 </font><font size="2">&Eacute;</font><font size="2">chec aux convoitises<br />
 Que l&rsquo;eau de l&rsquo;&eacute;tang<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Retrouve l&rsquo;oc&eacute;an<br />
 Que l&rsquo;extr&ecirc;me bord &eacute;puis&eacute; du sommeil<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rejoigne la pointe &eacute;veill&eacute;e du soleil<br />
 Que la peau, rose de douces pens&eacute;es<br />
 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &Eacute;coute le souffle<br />
 Toutes choses banales dont chaque ann&eacute;e a un besoin vital</p>
<p>
 </font></p>
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