Choir chu réchappera
16 03 2010 | Publié dans Lectures | 1 Commentaire
J’ai laissé tombé la lecture de Choir, temporairement. Ce sombre sarcasme, cinglant d’humour noir, je connais ce monde, et si bien, que c’en devient difficile, de le lire, de le relire en fait, de lever la tête finalement, se voir là , en Choir, à vouloir en sortir, à ne pas pouvoir. Alors j’ai abandonné, tel un des habitants de Choir, en une période difficile, pour reprendre plus tard, quand un nouveau courage… Car aujourd’hui, c’est vraiment emprisonnant ce monde n’est-ce pas ? Et Choir « nous le hurlons », vouloir le quitter, c’est écrit en page 7 déjà . Me vient l’image de l’épée que la main d’un coup lance dans l’eau : que se passe-t-il ensuite ? Y a-t-il d’autres coups ? Ou la main, vaincue, lâche-t-elle l’épée ? Et au fond de l’eau, quoi ? L’épée tranche-t-elle un poisson au passage ? Non, elle s’enfonce lentement dans une vase et les années la font rouiller, et les siècles la digèrent entièrement. Un autre moment de lecture me fera voir clair dans cette eau trouble, car la force du sarcasme est là , Chevillard tord la langue, assemble le dissemblable et ces mots lancés les uns contre les autres, de leur friction naît une violence, une réalité frénétique, qui montre les dents pour mordre d’un rire triste.
Paragraphe précédent écrit il y a un mois. Lecture reprise entre temps, et abandonnée de nouveau. Ce texte est fort, à n’en pas douter, mais comme dans des sables mouvants, mieux vaut savoir y nager et ne pas se débattre inutilement, sinon l’on coule. (Du moins je crois, mieux vaut que j’évite de tomber dans des sables mouvants.)
Des lectures échappées de Choir:
Guillaume Vissac
Philippe Annocque
Claro
François Bon
Revue de presse
Et les 807 hommages


1 commentaire ↓
Se rendre compte que nous nous enfonçons dans les sables mouvants c’est déjà s’en sortir. Vingt pages, c’est la dose du remède que je m’inflige chaque jour.
(je comprends mieux pourquoi tu m’as fui à la station République mardi dernier)
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