Périodes ou sans
07 03 2010 | Publié dans Notes récentes non classées
(ce texte car(?), les fragments, les chutes et leurs conséquences, sans parler du reste publié et autres lectures)
périodes d’écriture productive sans publication Fragments (ni ce blog)
périodes d’écriture improductive sans publication
périodes d’écriture productive avec publications rapprochées
périodes d’écriture improductive avec publications rapprochées
autant de cycles
quels sens ont-ils ?
que chercher, en leur cherchant sens ?
le temps qu’ils durent ? Et alors ?
un rythme se crée, qui ne se répète peut-être même pas
qui n’est peut-être pas rythme
et alors ?
et puis les lectures aussi
périodes encore
sans rythme
lectures molles, peu de lectures
pas de lecture du tout (musique alors, beaucoup, et fort)
lecture de débuts de romans, feuilletages éphémères, déceptions en masse
et puis ouvrir des pages qui immédiatement me parlent, vibrent d’un timbre particulier, contiennent, dans leurs premières pages, la densité à venir, l’intensité d’une langue que je ne connais pas, en quelques mots m’est parvenue et tout de suite je suis pris, et part dans cette voix
ou alors passer à la poésie, un recueil connu mais toujours pas lu et là enfin, la langue si ciselé et soupesée, si peu de signes pour autant de sens, si peu dit pour tant d’images, revivre, respirer à nouveau, de l’air enfin qui m’est donné
et lire lire lire lire en même temps à la suite lire
ou alors un essai, sur l’écriture, un écrivain écrit sur son écriture, ça résonne, ça rebondit, ça remue, ça parle, ça me parle, une folie partagée, je ne suis pas seul, ne suis pas seul. Annie Mignard, dans Ecrire, c’est physique, (publie.net) page 11 :
« Aussi la soudaineté avec laquelle on part acheter un bouquin, dont on n’a pas besoin du tout, qu’on n’a jamais lu, auquel on ne pensait même pas l’instant d’avant, et qu’il faut lire à la seconde, toutes affaires cessantes, alors qu’il n’a aucun rapport avec ce qu’on écrit, le Journal de Jules Renard par exemple. Pourquoi lui, mystère. Et quelle chance que ça vous fasse jaillir du lit à l’heure justement où les librairies ouvrent. On court. On revient avec sa proie. On la grignote un peu, ici et là , on la mâchouille. Puis on la laisse. On la range sur une planche. On a bien constaté que ça n’avait aucun rap- port avec ce qu’on écrit. On a eu son suc dans la bouche. Qui n’a rien à voir avec le suc de ce qu’on fait. Mais il fallait. Le besoin était là . Et c’était bien le besoin du goût du Journal de Jules Renard, puisqu’on est rassasié, tranquille, on repart avec aisance. »
Se trouver, par une figure tutélaire, le droit de continuer, car on s’est trouvé là dans ces lignes, c’est pas nous qu’avons écrit mais pourtant c’est moi là , ces lignes là alors j’en fais quoi ? Eh bien je les prends, j’ose me confier à moi-même ces lignes que j’ai volées là , et qui seront des graines pour.
Annie Mignard, Ecrire, c’est physique page 16 :
« J’ai l’impression d’avoir de la terre dans le crâne, et tout ce qui y est apporté est une graine qui germe : quelque chose qu’on me dit au téléphone, une joie, une contrariété, un mot, n’importe, tout germe. »
J’ajouterais, pour moi : a fortiori une lecture.
Périodes de lectures régulières
d’écritures régulières
machine qui tourne qui tourne à vide à plein régime
sans rythme
ou avec rythme
ou sans rythme
Comment savoir ? Ne pas relire, relire plus tard.
Relire trop tôt.
Ecrire, réécrire, tôt lieu public ou tard lieu privé
Ecrire épuisé jusqu’à plus d’épuisement
Ecrire les yeux bien ouverts, en forme et jusqu’à épuisé après
Ecrire sans regarder
Ecrire sans parler
Ecrire sans se demander
Alors cette note de blog, cette note-ci, quelle période ? Quel rythme ? Quel épuisement ? Quelles questions ?


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