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	<title>Journal Écrit &#187; lecture</title>
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		<title>Spectateur de sa lecture</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 13:52:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je continue de publier ici le making-of de ma table de travail en attendant d&#8217;être satisfait du texte complet, avec ce fragment qui fait suite à d&#8217;autres extraits, et que je n&#8217;aurais pas publié si je n&#8217;avais lu ce projet de Florence Trocmé. * Curieux que ces trois formes très différentes de spectacle soient liées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/sony600_correction_d_un_texte_DSCN3947.jpg"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2010/01/sony600_correction_d_un_texte_DSCN3947.jpg" alt="" title="sony600_correction_d_un_texte_DSCN3947" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-842" /></a></p>
<p>Je continue de publier ici le making-of de <em>ma table de travail<br />
</em> en attendant d&#8217;être satisfait du texte complet, avec ce fragment qui fait suite à <a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/category/ma-table-de-travail/">d&#8217;autres extraits</a>, et que je n&#8217;aurais pas publié si je n&#8217;avais lu ce <a href="http://poezibao.typepad.com/flotoir/2010/01/lecture-1-projet.html">projet de Florence Trocmé</a>.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Curieux que ces trois formes très différentes de spectacle soient liées en moi. Trois tickets conservés sur ma table de travail, en vrac, pouvant être ensevelis à tout moment sous des livres, des feuilles, des cahiers, des dictionnaires, des fiches de paye, des feuilles de sécu, des relevés de compte, tout ce que produit mon bureau. Avant-garde, contempo-rain, classique, moderne… J’ai l’impression de lire ces formes de la même manière, qui fut d’abord pour moi dans mon histoire la télévisuelle. Comme si habitué, imprégné, je ne savais faire que ça, quelque soit la difficulté de ce que je vois (ça peut être aussi du Bûto ou du Nô contemporains, un ballet de Béjard…) Dans la torpeur d’une chaleur sombre, salle confortable endormante, tenir malgré tout, quelque part, le rouage de la lecture.</p>
<p>Spectateur.</p>
<p>Et je me rends compte que si je suis souvent spectateur, je suis peu critique, j’écris peu sur ce que je vois. Et si je lisais de même ? Spectateur de ma lecture, écrivant peu sur ce que je lis. Oubliant par ce non-geste. Et alors ? N’est-ce pas ainsi qu’on lit ? S’oubliant dans la lecture, ce monde où l’on entre dès que l’on ouvre un livre ?<br />
J’aurais pu citer le cinéma, sur mon bureau je regarde mais ne vois aucun ticket.</p>
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		<title>Spectateur, 4</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2009 20:15:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Red beard red beard au Théâtre de Gennevilliers, de John Malpede et du L.A.P.D (Los Angeles Poverty Department). Vu un dimanche après-midi heure de sieste mais non je voulais voir cette pièce où, devant une télé qui passe Barberousse de Kurosawa, des acteurs jouent, disent en français ou anglais les dialogues que la télé dit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/07/photo_de_ma_tele_scene_nyc_DSCN2909.jpg" alt="photo_de_ma_tele_scene_nyc_DSCN2909" title="photo_de_ma_tele_scene_nyc_DSCN2909" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-444" /></p>
<p><em>Red beard red beard</em> au Théâtre de Gennevilliers, de John Malpede et du L.A.P.D (Los Angeles Poverty Department). Vu un dimanche après-midi heure de sieste mais non je voulais voir cette pièce où, devant une télé qui passe Barberousse de Kurosawa, des acteurs jouent, disent en français ou anglais les dialogues que la télé dit en japonais. Pas une scène classique avec public devant mais une grande salle carrée divisée en quatre angles : un public par coin qui regarde, vers le centre, chacun sa scène, qui fait dos aux trois autres, quatre groupes d’acteurs jouent simultanément le même texte (trois anglais un français) dans chaque angle. Imaginer vu de dessus : salle carrée avec de-dans un carré plus petit pivoté de 45 degrés (losange) dont chaque pointe touche le milieu des côtés du carré. Ce losange délimite par ses côtés les quatre scènes et le vide créé au milieu du grand carré sera flashback, partagé par les quatre publics. Le public est assis dans chacun des quatre coins, regardant la scène face à lui avec la télé. Quand les acteurs passent d’une scène à l’autre (d’un coin à l’autre), c’est que le film a changé de décor : du jardin à l’hôpital, d’une chambre au couloir. Et devant nous les ac-teurs disparaissent vers la scène de gauche au moment où surgissent les acteurs de la scène de droite. Nous avons quatre docteurs Barberousse, quatre nouveaux docteurs, quatre exemplaires de malades et ainsi de suite. Ingénieux, efficace, surprenant, inexplicable. <br/><br/></p>
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		<title>« Elle ne savait rien de ses timidités »</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Aug 2009 09:44:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce qui nous emporte dans une lecture ? Pour ma part, c&#8217;est la musique de la langue : les mots, s&#8217;ils savent me conduire, me transportent où ils veulent. La musicalité conduit ma déambulation sur le chemin le long duquel je découvre le monde d&#8217;un autre regard, je vais à une rencontre inattendue. Ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/08/pierrette-epsztein-homme-sans-larmes-couverture-petite-capitale-437px.jpg" alt="pierrette-epsztein-homme-sans-larmes-couverture-petite-capitale-437px" title="pierrette-epsztein-homme-sans-larmes-couverture-petite-capitale-437px" width="437" height="322" class="alignnone size-full wp-image-473" /></p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui nous emporte dans une lecture ? Pour ma part, c&#8217;est la musique de la langue : les mots, s&#8217;ils savent me conduire, me transportent où ils veulent. La musicalité conduit ma déambulation sur le chemin le long duquel je découvre le monde d&#8217;un autre regard, je vais à une rencontre inattendue. Ce qui se passe lors de la lecture n&#8217;est possible que par la force de l&#8217;expression, l&#8217;aventure de l&#8217;écriture.</p>
<blockquote><p>« Elles étaient deux sœurs. L’aînée avait sept de plus qu’elle. Elle n’avait jamais réalisé à quel point leur histoire était différente. À quel point leurs souvenirs étaient différents. Pourquoi la cadette voulait-elle prendre en charge la mémoire de son père ? Sa mémoire était oublieuse, ingrate, assombrie. Elle souhaitait pourtant se souvenir, s’émouvoir, soulever la chape de nuit qui enrobait sa mémoire. Mais peut-être ne ressentait-elle plus, peut-être était-elle tout simplement anesthésiée ? Qui est-on sans mémoire ? Lorsqu’elle essayait de se rapprocher de la réalité, lorsqu’elle cherchait à retrouver des faits, tout s’effaçait. Pas de trace qui pouvait confirmer ses dires. À peine pensait-elle saisir quelque chose d’une lumière projetée sur lui, son père, que le souvenir se gommait, redescendait dans les profondeurs. Elle avait interrogé des administrations, des documentalistes, des individus, sa sœur aînée. Rien. La tâche, trop difficile, la forçait à renoncer. Elle se laissait distraire par n’importe qui. Sa clairvoyance refusait de s’exercer. Puis, le souvenir remontait, prenait, un instant, une force de réalité tangible. Et aussitôt, il replongeait. Plus rien ne subsistait du passé. Juste une ombre portée, pâle et infidèle. La révélation était impossible. Un champ de ruines. Pourtant, elle aspirait à se couler dans cette aventure de l’écriture. Traduire en mots l’histoire de son père, en laisser trace. » p9.</p></blockquote>
<p>C&#8217;est le début de <em>L&#8217;homme sans larmes</em>, de Pierrette Epsztein, paru chez Petite Capitale. Ces mots nous transportent, dès les premières pages ils nous accompagnent pour une quête rythmée par les souvenirs enfouis, oubliés, refusés, faussés, retrouvés, jusque dans leurs rapports avec le présent de la narratrice, jusqu&#8217;à réinventer ceux du père s&#8217;il le faut. Des scènes mythiques d&#8217;un roman familial à relire, des fantômes croisés en montagne, dans une rue de 1941.</p>
<p>Quête d&#8217;identité : celle du père, et aussi celle de la narratrice ; mais pas seulement, au-delà de l&#8217;identité, à la question qui peut se lire : « qui étais-tu ?», posée au père trop renfermé, invisible, s&#8217;ajoute la plus énigmatique et troublante « pourquoi j&#8217;ignore qui tu fus ». Et c&#8217;est cette question qui fait de ce roman plus que ce qu&#8217;il aurait été avec seulement « qui étais-tu ? ». Ce cheminement, de questions en réponses et en tentatives, permettra peut-être à « l&#8217;arbre sans branches et sans racines » d&#8217;en savoir un peu plus.</p>
<blockquote><p>« Comment transmettre un héritage qu’il s’était interdit de transmettre ? Qui l’autorisait à trahir ce qu’il souhaitait cacher ? Il parlait de tout et si peu de lui. De quel droit se ferait-elle son interprète ?  Juste dix ans aujourd’hui qu’il avait disparu. Et voilà qu’elle était chevillée à son ordinateur. Elle le savait, cette fois elle ne s’arrêterait plus. Elle trouverait le souffle. » p17</p></blockquote>
<p>En toile de fond, le siècle, vu par ces deux regards, et pas n&#8217;importe lesquels. Là encore, un glissement infime qui va nous transporter un peu plus loin. Ce siècle, c&#8217;est un juif aveugle qui le parcourt, de la Pologne à Paris. Sa vie retracée par « la gardienne de sa mémoire », qui doit, indice par indice le suivre jusqu’à Paris et, dans Paris, jusqu’à l’amour.</p>
<blockquote><p>« Quelques rares fois depuis, avec quelques rares femmes, il s&#8217;était surpris, les narines en alerte, à se sentir happé par une déferlante de muguet et de fleur d&#8217;oranger.</p>
<p>La soirée était douce, trop douce peut-être. C&#8217;était le mois de mai et on sentait approcher, dans la nuit, la chaleur. Un délicieux avant-goût d&#8217;été. Ce soir, la lune éclairait la rue bien plus que les réverbères. »</p></blockquote>
<p>Elle voyage, interroge, imagine, expérimente la nuit permanente à la Vidéothèque avec Dark/Noir.</p>
<blockquote><p>« Privée de regard. Privée de vision. Privée d’images. Quand on n’avait plus la vue, on réalisait ce qu’était véritablement la force des autres sens. Vivre l’expérience d’une entrée dans le monde de son père. Elle aimait la nuit, elle aimait se promener dans une pièce noire et réussir à se repérer en caressant les meubles mais la nuit la terrifiait aussi pourtant. Combien de nuits où elle restait éveillée, terrassée par l’angoisse.</p>
<p>Elle sentit une délicieuse peur s’emparer d’elle lorsqu’on lui banda les yeux. Les rôles s’inversaient. Pour une fois, un aveugle la guiderait. Et elle toucherait du doigt le noir, la nuit, son noir, sa nuit, l’outre-nuit, l’outre-noir. » p53</p></blockquote>
<p>Les mots ont joué leur rôle, ici il y a le voyage, le transport qui nous emmène, la narratrice est elle-même emportée par cette aventure de l&#8217;écriture, posant ses propres pierres sur son passé, et nous les livrant une à une, jusqu&#8217;à donner la parole au père dans des débuts de chapitre en italique. Des passages au style parfois plus pauvre, comme aplani, mais peut-être est-ce à ce prix seulement qu&#8217;il était possible de faire passer cette distance affective, cet homme de l’action simple et directe : objectif, moyens, résultat.</p>
<blockquote><p>« <em>Maintenant que j&#8217;ai disparu du monde des vivants, ma langue peut se détendre, mes lèvres se décrisper et je te donne l&#8217;autorisation de parler en mon nom. Ou du moins de tenter, comme tu pourras, de reconstruire mon histoire. À partir de ma voix, tu déverouilleras la porte du récit. Ouvre grand tes oreilles. Je ne sais pas si une autre fois j&#8217;aurai l&#8217;énergie, la volonté, le courage ou plutôt le désir de me dire. La pudeur qui a noué ma gorge si longtemps n&#8217;a plus de sens maintenant. Plus rien ne peut t&#8217;empêcher, dans les interstices, dans les trous de la mémoire, d&#8217;inventer d&#8217;autres circonstances, d&#8217;autres situations, d&#8217;autres lieux, d&#8217;autres personnages. L&#8217;écrivain c&#8217;est toi. Laisse vagabonder ton imagination en toute liberté. Tu as mon autorisation, celle que, vivant, je ne t&#8217;ai pas donnée ou que tu ne t&#8217;es pas accordée.</em> » p 19</p></blockquote>
<p>Un extrait, sur la main, car ce juif aveugle qui sera kinésithérapeute ne pouvait avoir que des mains littéraires :</p>
<blockquote><p>« La main du père. La main de son père posée sur son front quand il réfléchissait, quand il était soucieux. La main du père parlait. La main silencieuse du père, posée sur son front, parlait par son corps ployé vers la table sur laquelle son coude s’appuyait. La main du père caressait son front dégarni par les années, le labeur et les soucis, son front qui cachait, derrière sa façade lisse, tant de souvenirs enfouis ou effacés volontairement mais toujours là, malgré lui, et qui ployaient son dos vers la table où son coude reposait. Les  mains du père. Les mains des hommes. Ce sont elles qui en premier captaient son regard. Dès qu’elle avait vu le penseur de Rodin dont la main supportait le poids du front, elle avait su qu’il correspondait à sa façon d’appréhender les hommes. Sa main se lançait à l’assaut de la page pour tracer des mots. Tous les mots que son père n’avait jamais pu prononcer. Tracer les mots absents de son père. Les mains de son père qui glissaient sur la page de papier cartonné jaune ou beige pour lire les mots. » p 11-12.</p></blockquote>
<p>Pierrette Epsztein, <em>L&#8217;homme sans larmes</em>, 230 pages, 20 euros.</p>
<p>Editions Petite Capitale, 127 rue Amelot, 75011 Paris, 01 42 23 24 13</p>
<p><br/><br />
<strong>Rencontre avec Pierrette Epsztein jeudi 1<sup>er</sup> octobre 2009, 19h30, à la librairie L&#8217;Eternel Retour, 77 rue Lamarck, Paris.</strong> Voir sur <a href="http://www.eternel-retour.com/2009/09/rencontre-avec-pierrette-epsztein.html">le blog de la librairie</a>.<br />
<br/><br/><br />
Ainsi que <strong>le jeudi 15 octobre 2009 à partir de 19 heures 30 au <a href="http://lepetitney.free.fr/">Petit Ney</a>, 10 avenue de la Porte Montmartre 75018 Paris.</strong> Téléphone: 01 42 62 12 41. Autobus 95: arrêt Porte de Montmartre-Boulevard Ney ou M° Porte de Clignancourt.<br />
<br/><br/><br />
Le 27 décembre 2009, sort l&#8217;audiolivre en MP3.</p>
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		<title>Spectateur, 3</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 05:19:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La télé je la regarde affalé dans le canapé, fatigué, buvant le flux d’images et même je le comprends car je prends le temps de le lire, je me fais intérieurement un discours qui étudie de ce que je vois. Mais sans plus. Si ma bouche bouge c’est bouclée. J’éteins et passe à autre chose, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/07/photo_de_ma_tele_DSCN2893.jpg" alt="photo_de_ma_tele_DSCN2893" title="photo_de_ma_tele_DSCN2893" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-427" /></p>
<p>La télé je la regarde affalé dans le canapé, fatigué, buvant le flux d’images et même je le comprends car je prends le temps de le lire, je me fais intérieurement un discours qui étudie de ce que je vois. Mais sans plus. Si ma bouche bouge c’est bouclée.</p>
<p>J’éteins et passe à autre chose, zappe.</p>
<p>Je peux regarder, dans cet état, un match de foot, une émission de variété, le journal, un reportage sur les Suricates, la chaîne boursière américaine, l’histoire (revisitée ?) du premier empereur de Chine, la pub, une pièce de théâtre (en direct) et il m’arrive de lire dans ces conditions, ou d&#8217;écrire sur la table du salon.<br />
<br/><br/></p>
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		<title>Spectateur, 2</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 21:33:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un ticket de Kabaret, aussi. « Musical » vu à Londres dans les mêmes conditions de fatigue et de confort que Medea mais avec une pièce beaucoup moins passionnante, très classique. En anglais, j’ai suivi l’histoire et la plupart des chants. J’ai tenu bon après l’entracte car juste avant un élément inattendu surgit et relance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/07/meduse_dans_le_port_de_st_malo_DSCN2883.jpg" alt="meduse_dans_le_port_de_st_malo_DSCN2883" title="meduse_dans_le_port_de_st_malo_DSCN2883" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-416" /></p>
<p>Un ticket de <em>Kabaret</em>, aussi.</p>
<p>« Musical » vu à Londres dans les mêmes conditions de fatigue et de confort que <a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/2009/07/08/spectateur-1/">Medea</a> mais avec une pièce beaucoup moins passionnante, très classique.</p>
<p>En anglais, j’ai suivi l’histoire et la plupart des chants. J’ai tenu bon après l’entracte car juste avant un élément inattendu surgit et relance –non, en fait, lance– l’intrigue (une croix gammée sur le bras du personnage principal).<br />
<br/><br />
<br/></p>
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		<title>Spectateur, 1</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jul 2009 20:11:03 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sur ma table de travail, je retrouve parfois des objets, des feuilles, un livre, un ticket de cinéma, de théâtre. Medea de Pascal Dusapin, vu au théâtre de Gennevilliers dans des conditions dont je me souviens très bien. Après un jour de travail. Dans une semaine de travail. Dans un mois dans tout ce quotidien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/06/palais_de_tokyo_dscn1079.jpg" alt="palais_de_tokyo_dscn1079" title="palais_de_tokyo_dscn1079" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-336" /></p>
<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/2009/01/31/a-ma-table-de-travail-3/">Sur ma table de travail</a>, je retrouve parfois des objets, des feuilles, un livre, un ticket de cinéma, de théâtre.</p>
<p><em>Medea</em> <a href="http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Medea/">de Pascal Dusapin</a>, vu au théâtre de Gennevilliers dans des conditions dont je me souviens très bien.</p>
<p>Après un jour de travail. Dans une semaine de travail. Dans un mois dans tout ce quotidien et c’était peut-être ce jour l’hiver, cœur blanc de la saison, peut-être le jour plus hivernal de l’année.</p>
<p>La salle était chauffée, bien chauffée. Des sièges comme au cinéma. La lumière s’est atténuée, la salle dans le sombre et la scène aux sujets sombres, à la musique terrifiante, l’angoisse aurait pu me toucher mais j’étais fatigué.</p>
<p>C’est un opéra prenant avec une musique surprenante et une mise en scène réduite, un seul décor, et surréaliste. Derrière un voile on voit l’orchestre. Les ombres agrandies des solistes. Des lignes de graviers quadrillent le sol. Medea se traîne par terre comme une chienne et derrière elle des traînées de graviers crissent dans le silence de l’orchestre, le quadrillage est déformé plus rien n’a d’ordre ni raison. L’ombre de la statue du chien est parfois démesurée.</p>
<p>J’étais à la fois captivé par la pièce et épuisé, reposé, bien, piquant du nez et me relevant pour suivre, mal.</p>
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		<title>Un sonnet pour Golden Gate</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2009 04:39:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Claro]]></category>
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		<category><![CDATA[traduction]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme écrit en couv&#8217;: dans &#171;&#160;la moderne épopée&#160;&#187; D&#8217;alexandrins traduits du tétramètre anglais Par le maître Claro, Vikram Seth ici montre La recherche de quoi ? L&#8217;amour et la vie contre La mort qui frappe mieux que ne peut le bonheur Qu&#8217;on construit (c&#8217;est le drame et le charme) à plusieurs. De la rancune au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/06/deux_acteurs_pas_dans_film_meconnaissable_pris_en_photo_a_la_tele_dscn2749.jpg" alt="deux_acteurs_pas_dans_film_meconnaissable_pris_en_photo_a_la_tele_dscn2749" title="deux_acteurs_pas_dans_film_meconnaissable_pris_en_photo_a_la_tele_dscn2749" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-377" /></p>
<p>Comme écrit en couv&#8217;: dans &laquo;&nbsp;la moderne épopée&nbsp;&raquo;<br />
D&#8217;alexandrins traduits du tétramètre anglais<br />
Par le maître Claro, Vikram Seth ici montre<br />
La recherche de quoi ? L&#8217;amour et la vie contre<br />
La mort qui frappe mieux que ne peut le bonheur<br />
Qu&#8217;on construit (c&#8217;est le drame et le charme) à plusieurs.<br />
De la rancune au dogme on lira des tirades,<br />
De vraies photos, du dialogue et des engueulades<br />
De yuppies indécis. Leur vie se laisse lire,<br />
C&#8217;est surtout par le style qu&#8217;on prendra plaisir:<br />
Cinq cent quatre vingt sonnets et en supplément,<br />
Table des matières et remerciements,<br />
Et même le traducteur y va de sa note<br />
Pour expliquer les choix dont ce livre se dote.<br />
<br/><center>*</center><br/><br />
<a href="http://pagesapages.wordpress.com/2009/06/28/golden-gate-de-vikram-seth/">La lecture de pages à pages.</a><br />
<br/><center>*</center><br/><br />
<em>Golden Gate</em>, Vikram Seth, traduit de l&#8217;anglais (Inde) par Claro, Grasset, 340 pages, <a href="http://www.bibliosurf.com/Golden-Gate">20€</a></p>
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		<title>Ecrire le souvenir, 2</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 09:52:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Peu après, je terminai le grand Meaulnes. Des phrases aux rythmes envoûtants, des octosyllabes et des alexandrins s’y glissent. « C’est alors que, levant la tête, je la vis à deux pas de moi. Ses souliers, dans le sable, faisaient un bruit léger que j’avais confondu avec celui des gouttes d’eau de la haie. Elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/06/eolienne_dscn0805.jpg" alt="eolienne_dscn0805" title="eolienne_dscn0805" width="438" height="292" class="alignnone size-full wp-image-310" /></p>
<p><a href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/2009/06/03/ecrire-le-souvenir-1/" title="note précédente, Ecrire le souvenir, 1">Peu après</a>, je terminai <em>le grand Meaulnes</em>. Des phrases aux rythmes envoûtants, des octosyllabes et des alexandrins s’y glissent.</p>
<p>« <em>C’est alors que, levant la tête, je la vis à deux pas de moi. Ses souliers, dans le sable, faisaient un bruit léger que j’avais confondu avec celui des gouttes d’eau de la haie. Elle avait sur la tête et les épaules un grand fichu de laine noire, et la pluie fine poudrait sur son front ses cheveux</em>. »</p>
<p>Le début de cette apparition est très poétiquement rythmé.<br />
<em>C’est alors que, levant la tête</em> : 8<br />
<em>Je la vis à deux pas de moi</em> : 8<br />
<em>Ses souliers, dans le sable, faisaient un bruit léger</em> : 12<br />
<em>Que j’avais confondu avec</em> : 8<br />
<em>Celui des goutt(e)s d’eau de la haie </em>: 8</p>
<p>Dans ces huit dernières syllabes, le bruit de la pluie qui tombe sur les feuilles et les graviers.<br />
Et puis cette très délicate comparaison d’Yvonne à des gouttes d’eau, car elle est si fragile. Plus tôt dans le texte elle est déjà décrite plusieurs fois par ses chevilles et sa taille, si fines que près de se briser. Et, alors que la fin approche, elle est de plus en plus fragile, elle devient goutte d’eau, s’efface ainsi progressivement, d’autant que les gouttes qui tombent et qui font plus de bruit que sa personne sont celle d’une « <em>pluie fine</em> ».</p>
<p>Bien avant cela, Seurel à la recherche de son grand ami : « <em>Me voici, j’imagine, près de ce bonheur mystérieux que Meaulnes a entrevu un jour. Toute la matinée est à moi pour explorer la lisière du bois, l’endroit le plus frais et le plus caché du pays, tandis que mon grand frère aussi est parti à la découverte. C’est comme un ancien lit de ruisseau. Je passe sous les basses branches d’arbres dont je ne sais pas le nom mais qui doivent être des aulnes. J’ai sauté tout  à l’heure un échalier au bout de la sente, et je me suis trouvé dans cette grande voie d’herbe verte qui coule sous les feuilles, foulant par endroits les orties, écrasant les hautes valérianes.</em> »</p>
<p>Je trouve ce passage très fort, évocateur, audacieux, tant passe dans le style, de l’insouciance du jeune Seurel, de sa découverte naïve, mais teintée de l’expérience que retrace le narrateur adulte, rien au hasard et tout en simplicité et échos. Dans le « <em>c’est comme un ancien lit de ruisseau</em> » passe le fait que le lieu qu’il visite n’est merveilleux que dans un souvenir dont le lieu réel n’est alors jamais retrouvé par Meaulnes. Le ruisseau (le bonheur) est parti, n’en reste que la trace (souvenir, écriture). La puissante amitié qui les lie comme des frères est très simplement rendue : « <em>mon grand frère</em> ». Comment être plus simple et touchant ? Les arbres, Seurel ne les connaît pas, il les baptise « <em>aulnes</em> », comme pour nous dire que la présence de Meaulnes ici sera toujours enracinée, mais mystérieuse, innommable, contée mais rien ne pourra la faire retrouver qu’un nom écorché auquel manque un « m » ; désormais toujours quelque chose manquera. Où emmène donc cette voie pleine de mystère et de bonheur passés ? Il y foule l’ortie urticante mais guérisseuse, quant à la valériane remède de presque tout il l’écrase dans sa folle recherche. Comment ne pas voir là des signaux de ce que la suite aura de dramatique ? Rien ne guérira le souvenir, ni Yvonne. Un chant de sirène, ensuite, qui n’est pas le beau chant du rossignol qui referme la journée comme une belle histoire se termine, non, c’est le chant répétitif de ces quelques jours merveilleux passés par Meaulnes, qui n’existent que dans la mémoire, que l’on ressassera, sans jamais connaître autrement que dans le souvenir.</p>
<p>« <em>J’entends un oiseau – je m’imagine que c’est un rossignol, mais sans doute je me trompe, puisqu’ils ne chantent que le soir – un oiseau qui répète obstinément la même phrase : voix de la matinée, parole dite sous l’ombrage, invitation délicieuse au voyage entre les aulnes. Invisible, entêté, il semble m’accompagner sous la feuille.</em> » Oui, tout ce qui nous accompagne sous le texte, tout ce qui, souvenir, est présent sous le texte, comme les souvenirs sont toujours présents à nous, silencieux, sous nos gestes.<br />
<br/></p>
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		<title>Ecrire le souvenir, 1</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 18:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre BERGOUNIOUX]]></category>
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		<description><![CDATA[Après avoir téléchargé les 940 volumes proposés par la Bibliothèque Electronique du Québec, après avoir terminé la mort de Brune de Pierre Bergounioux, j’ai choisi un livre à lire, et puis, j’ai écris ce qui suit. Voici, à mesure. J’ai commencé hier soir à lire Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, sans conviction, une page et sommeil. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-305" title="vieille_pierre_donjon_loches_dscn2323" src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/06/vieille_pierre_donjon_loches_dscn2323.jpg" alt="vieille_pierre_donjon_loches_dscn2323" width="438" height="292" /></p>
<p>Après avoir téléchargé <a href="http://www.ibiblio.org/beq/info.htm">les 940 volumes</a> proposés par la Bibliothèque Electronique du Québec, après avoir terminé <em>la mort de Brune</em> de Pierre Bergounioux, j’ai choisi un livre à lire, et puis, j’ai écris ce qui suit. Voici, à mesure.</p>
<p>J’ai commencé hier soir à lire <em>Le Grand Meaulnes</em> d’Alain-Fournier, sans conviction, une page et sommeil. Repris ce matin, relu le début ; j’aime l’écriture du souvenir réflexif, comme tout au long de <em>la mort de Brune</em>, ce regard posé a posteriori sur des souvenirs d’enfant, le narrateur qui refabrique les souvenirs pour mieux les montrer tout en les jugeant, parfois deux fois, aux deux âges, les décrit en leur donnant sens. Ces deux romans font remonter à la surface de mon désir d’écrire ce « roman-2 », que je considère bâclé, sans profondeur, avec des maladresses de construction, mais dont la forme générale est celle-ci : un narrateur adulte retrace son enfance. Mon problème est que je n’ai pas d’axe. J’avais vaguement la naissance à la politique, à la Cité, la route et la voiture comme lieux modernes et de solitude, mais écrit sans densité. Je ne connais pas encore le ou les axes du <em>grand Meaulnes</em>, mais pour la mort de Brune, j’ai aimé cette découverte de la ville et de l’histoire par l’architecture, la confrontation à l’art, l’art et la mort, le destin d’une vie provinciale, autant de thèmes qui me sont proches, et que je n’ai pas osé aborder dans ce roman-2.</p>
<p>Chapitre VI : « <em>L’art, pour nous, avait avec la mort, et violente, des attaches fortes, fatales. Il relevait d’une nécessité mystérieuse et lointaine, essentiellement étrangère, et par conséquent funeste à nos âmes encloses. Le volailler survécut à sa passion pour l’opéra parce qu’il ne laissa jamais sa voix empiéter sur la besogne muette qu’il exerçait six jours sur sept, dans l’ombre de la remise […]</em> »</p>
<p>Je me souviens avoir voulu, de ces pages, simplement recopier comme extrait une phrase à la construction complexe, illustrer la musicalité dans l’usage des virgules et ce qu’apporte une certaine organisation par touches de la phrase. Je voulais recopier la première phrase du passage qui suit, qui lui-même fait écho au paragraphe qui le précède, dans certains chapitre à chaque phrase on s’enfonce encore un peu plus dans le roman, n’ayant plus que cet univers comme référent, de plus en plus fort à chaque page, mais je me suis rendu compte que c’étaient pour d’autres raisons que sa complexité formelle que cette phrase, et sa suite, m’appelaient :</p>
<p>« <em>Je ne me fierais pas aux premières aversions, aux plus lointaines réticences si les termes que l’usage a consacrés et qu’on finit par trouver, avec l’âge, pour parler de ces choses, n’étaient, quand même, détresse et cruauté, perdition, homicide, fausseté. Cela semble terrible. Ça l’était moins, en l’absence du terme approprié, de la claire notion qu’il vient sceller. Peut-être vaut-il mieux éviter, au début, d’approcher trop la réalité, de s’en faire une idée bien précise. On ne pourrait plus du tout s’en accommoder. On voudrait tout casser. Or, on n’a jamais que six ou sept ans</em> »</p>
<p>Je terminai ma recopie et m’étonnai du passage choisi sans le comprendre, n’y ayant vu que la difficile musique de la première phrase, torturée, qu’on pourrait écrire plus simplement – et à cet instant, cherchant, essayant, biffant, je ne trouve pas quoi remplacer : car en fait la phrase est la plus simple qui soit pour dire ce qu’elle dit, tout simplement parce qu’elle ne peut dire cela que comme cela est écrit. Le difficile dans cette phrase était, pour moi, « <em>je ne me fierais pas</em> ». Quel sens donner à ces mots ? Là encore je pense qu’il suffit de leur donner le plus simple et évident qui soit. En lisant, en relisant, je me posais trop de question, pourquoi pas simplement penser aux courants « <em>premières impressions</em> »  et « <em>ne pas se fier aux apparences</em> », pour lire « <em>ne me fierais pas aux premières aversions</em> » ? Pourquoi avais-je ainsi brouillé l’évidence ? Aversions, impressions, lointaines, qui remontent à des décennies, à l’enfance, avant « <em>l’âge</em> ». Et puis ce passage est aussi une belle métaphore de l’écriture, inattendue, originale, qui me rapproche tout à coup de ce que j’ai pensé en écrivant ces souvenirs d’enfance de mon roman-2 : écrire à des années de distance, prendre ses impressions à travers le filtre des ans, comme dans cette définition de l’expressionisme abstrait que j’avais lu je ne sais plus où ni de qui, quelque chose disant à peu près que c’est la peinture d’impressions, de sentiments, de sensations, à plusieurs années de distance. Tout comme hier, ce n’est qu’en sortant du tunnel sous la Manche, avec la musique dans le casque, que j’ai eu l’impression de ces vacances d’il y a trois ou quatre ans. J’ai revu, M et moi, dans la voiture, roulant, musique, sur cette petite route, un pont de pierre, une rivière au bord de laquelle nous avions pique-niqué, soleil. Jours passés de bonheurs, de découvertes, avec un âge que nous n’aurons plus, mélange de mélancolie, de nostalgie, tristesse et joie ; tous ces sentiments, termes trouvés bien banals pour les décrire, et ces images, mêlées, à la sortie de ce tunnel, la musique des Strokes comme bande son, chanson d’ailleurs un peu comme tous ces sentiments, c’est à dire de mélancolie et nostalgie, et d’yeux fermés sourire qui repensent à un bon moment mais tristes un peu au fond qu’il ne reviendra pas tout en espérant sans l’espoir qu’on en retrouvera d’aussi bien. Le fait aussi qu’écrire en me voyant à la troisième personne, utiliser un souvenir pour le réinventer, le déplacer, ne me paraît possible qu’à distance d’années, le temps que viennent à l’écriture « <em>les termes que l’usage a consacrés et qu’on finit par trouver, avec l’âge pour parler de ces choses</em>. » Mais peut-on jamais trouver le « <em>terme approprié</em> » ?<br />
<br/><br/><br />
<a title="note" href="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/2009/06/07/ecrire-le-souvenir-2/" style="font-size:8pt"><br />
Ecrire le souvenir, 2</a><br />
<br/></p>
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