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	<title>Journal Écrit &#187; Lectures</title>
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		<title>Flux</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Aug 2009 05:17:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8230;ombre immense, précise et immobile dans le soleil. On en arrive, après quelques années, à se demander comment s’est produit cet éloignement, ce détachement. Tous les mots déjà présents dans les livres et tous ceux à arranger. Comme moi je le fais en ce moment. Marcher sans but précis, marcher parfois tout l&#8217;après-midi, sans but [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://is.gd/2o908"><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/08/fiction47PhBoisnard.jpg" alt="En construisant un mur, pour se protéger de l'extérieur, il se retrouva seul face à son étrangeté." title="En construisant un mur, pour se protéger de l'extérieur, il se retrouva seul face à son étrangeté." width="439" height="328" class="size-full wp-image-517" /></a></p>
<p>&#8230;ombre immense, précise et immobile dans le soleil. On en arrive, après quelques années, à se demander comment s’est produit cet éloignement, ce détachement. Tous les mots déjà présents dans les livres et tous ceux à arranger. Comme moi je le fais en ce moment. Marcher sans but précis, marcher parfois tout l&#8217;après-midi, sans but précis, en se laissant porter. Au carrefour, on fait le point, étale les cartes, pose les boussoles — on ne peut savoir où on va que si on sait où on est. L’orage arrive, il est tout près. Un vent pousse le gris jusqu’ici, souvent l’été réserve ce genre de changement brusque. Les nuages camouflent les montagnes, une première couche de gris noircit les arbres, le lac, le pont et s’approche. Les flashs des touristes répondent aux éclairs transitoires encore fragiles. Le temps de boire une gorgée, rues vidées spontanément, porches pleins. L’eau tombe, on regarde tous. On n’attend jamais que la pluie cesse — mais qu’elle ralentisse. Depuis la vitre du train en marche, depuis la vitesse, le monde est figé, et dans sa mobilité, et dans son histoire, paysage de fermes, de silos et de champs, paysages de maisons abandonnées au bruit de la vitesse que nous ne pouvons connaître qu’à l’arrêt&#8230; Les trains après les bus et les trams ; en réalité la même chose, si ce n&#8217;est que le monde défile plus vite sur la voie d&#8217;à côté ou encore que la stabilité de l&#8217;habitacle me permet de lire sans avoir le mal des mots ; l&#8217;attente est la même, sur un quai en ciment ou devant la place chauve derrières les rues de Nuggets City ou derrière les lignes en braille au sol qui tatouent l&#8217;asphalte aux arrêts de tram ; les secondes sont les mêmes ; derrière les vitres sales du RER, la buée par dessus, les noms des gares au-delà floutés par la pluie, l&#8217;impression que la nature rend tout le monde myope le temps d&#8217;un aller simple au moins. On avait longé des eaux grises, immobiles, un pont, et puis ces bois qui semblaient avalés lentement par l’inondation régnante. Les rares maisons étaient mortes, sans éclairage, et l’aube : blafarde. Et pourtant combien je n’aime pas faire coller à un mot l’adjectif qui lui va d’office. Je m&#8217;octroie une pause, et descends au rez-de-chaussée où j&#8217;interagis, à mon corps défendant, avec un distributeur de bouteille d&#8217;eau minérale  gazeuse de marque Badoit dont la gestion revient au comité d&#8217;entreprise  de l&#8217;entreprise dont je suis salarié: interagis-je avec l&#8217;appareil distributeur,  le comité d&#8217;entreprise ou l&#8217;entreprise elle-même, ou même encore avec  l&#8217;entreprise Badoit?, il m&#8217;en coûte, littéralement, un jeton. Ces jetons  sont une véritable monnaie de singe, ainsi dans mon entreprise ils coûtent  cinquante centimes d&#8217;euros pièce, façon de parler pour un jeton, tandis  que dans d&#8217;autres sociétés, on peut les acquérir pour moins, les mêmes jetons, qui pareillement permettront d&#8217;acquérir une bouteille d&#8217;eau minérale fraîche ou un café bien chaud, et chose étonnante sur certaines  aires de repos ou sur certaines stations-services, d&#8217;autoroute les machines à café sont pareillement opérables à l&#8217;aide d&#8217;un de ces jetons dont  le prix est inabordable, un euro le jeton, rendez-vous compte. Petites causes, grands effets. Il aura suffi d’un grain de sable, imaginez-vous ça, un grain de sable minuscule dans mon œil pour que je verse une larme. Un effort permanent et inaperçu à soi pour collecter les signes en vue du jugement ; là le réel du dispositif, de l’organisation, de la construction sociale à laquelle nous appartenons. Nous lisons pour connaître la fin, pour l’histoire. Nous lisons pour ne pas atteindre cette fin, pour le seul plaisir de lire. Nous lisons avec un intérêt profond, tels des chasseurs sur une piste, oublieux de ce qui nous entoure. Nous lisons distraitement, en sautant des pages. Nous lisons avec mépris, avec admiration, avec négligence, avec colère, avec passion, avec envie, avec nostalgie. Nous lisons avec des bouffées de plaisir soudain, sans savoir ce qui a provoqué ce plaisir. « Qu’est-ce donc que cette émotion, demande Rebecca West après avoir lu Le Roi Lear. Quelle est cette influence qu’ont sur ma vie les très grandes œuvres d’art, qui me fait tant de bien ? » Nous ne le savons pas. Nous lisons dans l’ignorance. Nous lisons à longs gestes lents, comme si nous flottions dans l’espace, en apesanteur. Précisément, moi qui finis toujours par tout oublier, de quoi puis-je bien me souvenir, malgré tout ? Que reste-t-il de toutes ces années vécues ? Ouvrons les vieux agendas. Je connais des endroits, j&#8217;ai noté les trajets. La nuit, la mer s&#8217;écrit à reculons, ouvre des bras immenses qui ont des bouches minuscules. Des mouvements de débord, des ressacs vers la terre, des replis. Seul le fleuve allie ces deux mouvements, poussée avant et respiration immobile, dans un même cours puissant et comme immuable. Je crois que c’est précisément à la hauteur du Bic que ce mariage entre mer et rivière se produit, qu’en amont la rivière emporte graduellement la mer, et qu’en aval au contraire la rivière lentement se noie dans la mer. De notre promontoire, on croit même voir distinctement la suture entre la mer et la rivière, la ligne de mariage des eaux. C’est une ligne diagonale, rendue visible par une légère différence de ton dans le bleu du fleuve, plus pâle d’un côté, plus foncé de l’autre. Le soleil est monté au-dessus de la ligne d’horizon&#8230;</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Compilation de</p>
<p><a href="http://blog.liminaire.fr/post/2009/08/15/Samedi-15-ao%C3%BBt-2009">http://blog.liminaire.fr</a></p>
<p><a href="http://lemploidutemps.blogspot.com/2009/08/la-sentinelle.html">http://lemploidutemps.blogspot.com</a></p>
<p><a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article150">http://www.arnaudmaisetti.net</a></p>
<p><a href="http://www.commettre.fr/spip.php?article95">http://www.commettre.fr</a></p>
<p><a href="http://aout-en-attendant.blogspot.com/2009/08/laverse.html">http://aout-en-attendant.blogspot.com</a></p>
<p><a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1642">http://www.tierslivre.net</a></p>
<p><a href="http://www.desordre.net/photographie/numerique/autoportrait_carre/index.htm">http://www.desordre.net</a></p>
<p><a href="http://l-autofictif.over-blog.com/article-30952407.html">http://l-autofictif.over-blog.com</a></p>
<p><a href="http://blog.lignesdefuite.fr">http://blog.lignesdefuite.fr</a></p>
<p><a href="http://blog.marcpautrel.com/post/2009/07/31/Memoire">http://blog.marcpautrel.com</a></p>
<p><a href="http://tessons1.canalblog.com/archives/2009/06/24/14190617.html">http://tessons1.canalblog.com</a></p>
<p><a href="http://mahigan.ca/?p=729">http://mahigan.ca/</a></p>
<p><a href="http://twitter.com/lipzzz">http://twitter.com/lipzzz</a></p>
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		<title>Lectures liées</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Jul 2009 22:06:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D&#8217;un texte qui en arrive à être lu, comme d&#8217;autres. D&#8217;histoires qui se racontent en ligne, tâtonnant. D&#8217;autres, histoires, qui se traduisent et se transforment. De dérangements qui s&#8217;invitent et déplacent. Et puis des nombres magiques. Et des sons encore, anciennes séances de travail.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/07/rails_vus_du_train_DSC00573.jpg" alt="rails_vus_du_train_DSC00573" title="rails_vus_du_train_DSC00573" width="438" height="328" class="alignnone size-full wp-image-408" /></p>
<p><a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article221">D&#8217;un texte</a> qui <a href="http://twitter.com/joachimsene">en arrive</a> à <a href="http://page48.blogspot.com/2009/07/montparnasse-monde.html">être lu</a>, <a href="http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=1990">comme</a> <a href="http://remue.net/spip.php?article3311">d&#8217;autres</a>.</p>
<p>D&#8217;histoires qui <a href="http://journalecrit.storytlr.com/">se</a> racontent <a href="http://lignesdefuite.storytlr.com/">en ligne</a>, tâtonnant.</p>
<p>D&#8217;autres, histoires, qui <a href="http://regardaupluriel.hautetfort.com/franz-kafka/">se</a> traduisent <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article138">et</a> <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1837">se</a> <a href="http://fr.calameo.com/books/0000060412fd38db84755">transforment</a>.</p>
<p><a href="http://scriptopolis.wordpress.com/2009/07/03/ici-mouvement/">De</a> <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1828">dérangements</a> <a href="http://nemolivier.blogspot.com/2009/07/im-ville-ecran.html">qui</a> <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article132">s&#8217;invitent</a> <a href="http://blog.liminaire.fr/post/2009/07/03/Vendredi-3-juillet-2009">et</a> <a href="http://fenetresopenspace.blogspot.com/2009/07/titre-de-pierre.html">déplacent</a>.</p>
<p>Et puis des nombres <a href="http://les807.blogspot.com/">magiques</a>.</p>
<p>Et <a href="http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&#038;videoid=58423984">des</a> <a href="http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&#038;videoid=58519315">sons encore</a>, anciennes <a href="http://www.joachimsene.fr/chansons.php">séances de travail</a>.</p>
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		<title>Le bal des débutantes</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Apr 2009 15:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Collongues]]></category>
		<category><![CDATA[Camille B]]></category>
		<category><![CDATA[Chloé Delaume]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[lecture publique]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Alice Villaume]]></category>
		<category><![CDATA[Mycroft]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Siek]]></category>
		<category><![CDATA[revue d'ici là]]></category>

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		<description><![CDATA[Chloé Delaume fait maintenant ce qu&#8217;elle veut chez Mycroft&#160;: «&#160;Ce coup-ci c&#8217;est Le bal des débutantes. Une soirée consacrée à des jeunes filles qui liront pour la première fois des extraits de leur travaux textuels. Issues d&#8217;univers très différents, animées par des démarches singulières et affirmées, elles ne sont pas encore publiées. Avec Pauline Klein, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/04/couleurs_ville_travers_vitre_fiat_dscn0325.jpg" alt="couleurs_ville_travers_vitre_fiat_dscn0325" title="couleurs_ville_travers_vitre_fiat_dscn0325" width="438" height="328" class="alignnone size-full wp-image-213" /></p>
<p><a href="http://chloedelaume.net/actus/index.php">Chloé Delaume</a> fait maintenant ce qu&#8217;elle veut chez <a href="http://mycroft.com.fr/01.3/">Mycroft</a>&nbsp;:</p>
<p>«&nbsp;Ce coup-ci c&#8217;est <em>Le bal des débutantes</em>. Une soirée consacrée à des jeunes filles qui liront pour la première fois des extraits de leur travaux textuels. Issues d&#8217;univers très différents, animées par des démarches singulières et affirmées, elles ne sont pas encore publiées.<br />
Avec Pauline Klein, <a href="http://www.lesbiscuitsdalice.net/">Marie-Alice Villaume</a>, Anne Collongues, Nathalie Siek et Camille B.<br />
Skinlike diffusera une sélection de morceaux, tous des premiers titres, que nous pourrons écouter autour d&#8217;un verre.&nbsp;»</p>
<p><strong>Vendredi 10 avril, de 19h à 21h, Galerie Mycroft, 13 ter rue de Ternaux, 75011 Paris.</strong></p>
<p>Par exemple on peut lire Anne Collongues (voir aussi <a href="http://www.artskool.org/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&#038;cntnt01articleid=46&#038;cntnt01origid=52&#038;cntnt01returnid=112">&laquo;&nbsp;S X S dans R&nbsp;&raquo;</a> à partir du lendemain 11 avril 2009) dans <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article212">D&#8217;Ici Là #2</a>, page 76. Un texte aux saccades cadencées comme les cahots d&#8217;une route empruntée par des gens malmenés, phrases filantes comme les dépêches de presse mitraillées aux rythmes de la guerre, jets de pierres ou de roquettes, lire en filigrane ou noir sur blanc.</p>
<p>«&nbsp;<em>Regarder les formes se dégager sous les fumées, les images aplaties.<br />
Reportages et commentaires. Je pose des questions sur ce qui se dit, des mouvements de la télé, des intonations. Ils traduisent pour moi.<br />
Fin des témoignages.<br />
Allumer le chauffage dans le coin de la pièce. Dans le salon se disperser en suppositions.<br />
Se replier dans la chambre est insuffisant, car les échos ne s&#8217;évanouissent pas.<br />
Tu en es acteur par la lettre reçue au cachet officiel.<br />
Sur le palier, lire la suite de signes noirs alignés, qui résonnent de chaos.<br />
Leur dire que c&#8217;est impossible ou ne pas y aller.<br />
Equipée. Celles qui attendent, les autres qui foncent.<br />
Débordement du jour qui tombe en flamme. Et ceux qui tapent du poing sur la table buvant leur café à quelques kilomètres voudraient être là-bas, dans la poussière envahissante.<br />
Ou très loin.<br />
Mais il faudrait être né ailleurs,<br />
comme moi. </em>&nbsp;»</p>
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		<title>De quatre livres lus récemment</title>
		<link>http://www.joachimsene.fr/journalecrit/de-quatre-livres-lus-recemment/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 21:59:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Armand Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[Cécile Portier]]></category>
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		<description><![CDATA[La route, le bitume qui trace la route. Et soi, derrière le volant, de corps présent mais d&#8217;esprit ailleurs. Monologue tiré par la voiture comme un ballon qu&#8217;on y aurait attaché. Comptage des kilomètres. L&#8217;habitacle de solitude et ce discours intérieur sur 600 km. Discours à embranchements. L&#8217;indécision de l&#8217;intrigue –le narrateur est homme ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.joachimsene.fr/journalecrit/wp-content/uploads/2009/03/cheminees_est_parisien.jpg" alt="cheminees_est_parisien" title="cheminees_est_parisien" width="438" height="292" class="alignleft size-full wp-image-138" /></p>
<p>La route, le bitume qui trace la route. Et soi, derrière le volant, de corps présent mais d&#8217;esprit ailleurs. Monologue tiré par la voiture comme un ballon qu&#8217;on y aurait attaché. Comptage des kilomètres. L&#8217;habitacle de solitude et ce discours intérieur sur 600 km. Discours à embranchements. L&#8217;indécision de l&#8217;intrigue –le narrateur est homme ou femme ? Va-t-elle (il) rejoindre amant (maîtresse) ou mari (femme) ? – comme différents panneaux indicateurs à suivre ou pas.</p>
<blockquote><p>A rebrousser chemin, on ne peut que constater sur le compteur ce que chacun sait ; que, même en demi-tour les hectomètres se déroulent, la distance parcourue continue de s’accumuler. Preuve qu’il existe des outils de mesure de l’irréversible, et que l’erreur consomme autant que le bon sens. Il faudra penser tout à l’heure à l’essence.
</p></blockquote>
<p>- Cécile Portier, <em>Contact</em>, Déplacements/Seuil, 155 pages, 16€. Interview <a href="http://www.editionsduseuil.fr/auteur/C%E9cile%20%20Portier/12008">sur le site du Seuil</a>.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Des poèmes de soleil et de rocs, de feu, j’y retrouve du René Char et ça me plaît, et sans doute y a-t-il tant que je ne comprends pas mais qui donne à ces poèmes une force, une musicalité, une rareté, qui résonnent.</p>
<blockquote><p>Je pleure le soleil et pleure les années qui viennent<br />
Sans nous et je chante celles qui sont passées<br />
Si tout cela est vrai<br />
Les dialogues des corps et les barques avec douceur entrechoquées<br />
Les guitares sous les eaux éteinte et rallumées<br />
Les « crois-moi » les « non pas ça »<br />
Tantôt dans l’air, tantôt dans la musique
</p></blockquote>
<p>- Odyssèas Elytis, traduit par <a href="http://www.volkovitch.com">Michel Volkovitch</a>, in <em>Anthologie de la poésie grecque contemporaine 1945-2000</em>, Poésie/Gallimard, 372 pages, 10€.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Exorcisme post-révolution prolétarienne manquée, rêve ou réalité, rêve de quoi rêve de qui, anges cauchemardés, monde d’après une apocalypse nucléaire ou autre, personnages perdus, indécis, volontaires et effrayés, courageux et lâches, des Winston de <em>1984</em> encore plus paumés, encore plus menacés par un Parti omniprésent dans un monde pourtant désert aux bords de mers englués dans le pétrole. La perte de repère et le doute sur ce qui est rêve, ce qui est réalité, ce qui est perdu, tout cela est tressée jusque dans la géniale construction du recueil où l’ordre des textes parvient, plus on avance dans la lecture, à nous plonger comme au cœur du rêve d’un autre ; certains détails aussi : « entrevoûtes » sur la couverture du livre qu’on tient entre ses mains et qu’on retrouve sur la couverture d’un livre acheté par un des personnages, le nom de l’auteur « Lutz Bassman » qui apparaît dans la narration (un narrateur parfois bien étrangement focalisé). Une écriture qui montre l’absence du monde d’avant : jusqu’à l’obsession cet univers manque de ce qu’il n’y aura plus, n’y aura plus jamais – mais peut-être sommes nous déjà le rêve d’un être sous-humain de dans dix millions d’années ?– une langue à la musicalité parfois entêtante comme cette pluie qui crépite tout au long du premier texte comme peut-être un lointain écho rêvé de la didascalie d’ouverture : « tambours incessants, silence pendant le texte ». Héros qui doutent et avancent dans le noir, à tâtons, moines dévoués et soldats aguerris à la fois, militants sans cause qui agissent en vain : une définition du travail d’écrivain ?</p>
<blockquote><p>On frappe sur les murs de la cellule, sur les briques, sur les briques creuses ou sur le ciment, sur la porte, sur les montants de ciment du lit, sur les canalisations, sur le lavabo, sur la cuvette, sur la porte encore, sur la grille qui protège les barreaux, sur le rebord du lavabo, sur le rebord de la cuvette. On frappe avec les mains, avec les coudes quand les mains sont talées, avec son crâne quand trop intense est le silence entre les coups. On frappe et on s’arrête. On frappe encore et on s’arrête encore. Puis on écoute. On attend la réponse et on écoute.  On attend que vienne un nouveau bruit ou une réponse en parole. On frappe longtemps, avec régularité, pendant des heures, jusqu’à l’étourdissement. Quand vient l’étourdissement, on s’arrête, on écoute, on attend la réponse, on attend quelque chose et on écoute.
</p></blockquote>
<p>- Début de <em>Plongée</em>, troisième &laquo;&nbsp;entrevoûte&nbsp;&raquo; de <em>Avec les moines-soldats</em>, <a href="http://www.lutzbassmann.org/">Lutz Bassman</a>, <a href="http://www.editions-verdier.fr/v3/collection-littfranc-chaoid.html">Chaoïd/Verdier</a>, 240 pages, 13.50€</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Pollock, le mot « Pollock » répété tout au long du texte, forme du mot comme la touche de pinceau rythme un tableau. Ici c&#8217;est la goutte de peinture qui devient son: « Plic P&#8217;llock plic P&#8217;llock ». Le dripping fait littérature. Pollock sa vie figée au vol, à moins que ce soit le figé envolé en instants de vie, avant l&#8217;accident, entre le pot et la toile comme une goutte qui s&#8217;envole du bout du bâton trempé dans le pot et jetée vers la toile, puis tombe. Dans cet instant entre deux – il enfile sa grolle avant, Pollock – à moins que ce soit après – après de peindre, avant l&#8217;accident ; la grolle, la peinture, le regard de Pollock vers où ? Comme un destin sur photo, figé avant, entre la grolle et l&#8217;accident, avant la peinture mais aussi après, « je ne suis pas un imposteur », l&#8217;accident prémédité, l&#8217;œuvre préméditée ? Plic P&#8217;llock, plic P&#8217;llock.</p>
<blockquote><p>Pollock s&#8217;inquiète, le soir s&#8217;avance. Autant dire que Pollock n&#8217;est déjà plus grand chose de Pollock. Pollock est penché sur la toile et pleure. Ou peut-être qu&#8217;il ne pleure pas mais s&#8217;égoutte au bout d&#8217;un bâton. Pollock lutte. Tout le Pollock en tempête. Pollock dans l&#8217;œil absent qui le voit. L&#8217;œil qui nargue et Pollock peut-être qu&#8217;il ne pense pas. Il coule. Pollock s&#8217;écoule. Pollock s&#8217;écroule dans l&#8217;évier sale de sa tête.</p></blockquote>
<p>- <em>9’32 Pollock</em>, <a href="http://tessons1.canalblog.com/">Armand Dupuy</a>, <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article204">Formes Brèves/Publie.net</a>, 78 pages, 1.30€</p>
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